mercredi , 10 août 2022

Prêts et bourses : une faille dans le système, selon des étudiants

Travailler 25 heures par semaine et aller à l’école à temps plein, telle est la réalité de l’étudiant du Cégep de Jonquière, Jacob Talbot, qui n’a pu compter sur le programme de prêts et bourses du Québec.  La raison du refus de sa demande d’aide financière : ses parents, selon le gouvernement, pouvaient subvenir à ses besoins, ce qui, dans les faits, n’est pas le cas. 

 Depuis environ deux ans, Jacob Talbot travaille plus de 25 heures par semaine pour pouvoir subvenir à ses besoins, en plus d’aller à l’école environ le même nombre d’heures.  Tout son temps libre, il le consacre à son emploi étudiant, quitte à parfois manquer de temps pour ses travaux et études. « Mes parents sont toujours ensemble, et ça a été calculé qu’ils pouvaient payer mes dépenses reliées au loyer et à l’école, mais en fait non.  Pour l’instant, je dois travailler pour survivre, c’est ma seule source de revenu », explique-t-il.  

jacob talbot
Jacob Talbot s’est fait refuser des demandes de prêts et bourses deux fois et doit travailler pour payer ses comptes, parfois aux dépens de l’école. Photo : Noémie Lacoste.

Dans le formulaire de demande de prêts et bourses, plusieurs critères sont vérifiés, comme le total des revenus du postulant, celui des deux parents, la situation familiale et si l’établissement scolaire de l’étudiant est situé à l’extérieur du lieu familial. Les étudiants dont les parents sont séparés sont favorisés par le programme.  Selon le jeune homme, il devrait y avoir un meilleur système de cas par cas qui traite les demandes. « Je ne pourrais pas me permettre de trouver un emploi que j’aime plus, parce que si je ne travaille pas, je n’ai rien pour payer mes comptes.  Même si j’avais un tout petit peu de prêts ou de bourses, ça me ferait un filet de sécurité. » 

 

Apprendre à gérer ses finances 

Dans une situation comme celle de Jacob Talbot, apprendre à gérer ses finances devient essentiel. « À l’UQAC, beaucoup d’éducation est faite concernant les finances, la gestion d’un budget ou même pour aider en ce qui concerne le logement », mentionne le directeur du Service aux étudiants, Philippe Hurtubise. Avec l’aide d’un partenariat avec Desjardins et de son équipe, qui compte des travailleurs sociaux ou encore des anciens étudiants internationaux, des ateliers sont créés et font l’objet d’une promotion chez la population étudiante, afin d’être accessibles pour le plus de gens possible.   

« Que ce soient des bourses de persévérance pour encourager les profils atypiques, des bourses d’excellence, des bourses attachées à certains programmes, ce sera une minorité qui ne réussira pas à trouver un soutien financier.  L’orientation de l’UQAC, c’est d’élargir l’accessibilité aux bourses pour qu’un maximum de personnes puisse respecter les critères d’admission », soutient Philippe Hurtubise.  

 Ayant appris récemment que les cégeps et universités offrent un service d’aide financière aux étudiants, Jacob Talbot mentionne qu’il aimerait voir ces services mieux représentés.  Pour lui, une tournée des classes parlant de ce service pourrait être une solution. 

À propos de Noémie Lacoste

De nature passionnée, Noémie Lacoste est une jeune femme qui a du cœur au ventre. Alors que le sud de la métropole québécoise lui semble être le mauvais endroit pour concrétiser son rêve de devenir une remarquable communicatrice, elle s’installe dans la l’arrondissement de Jonquière à l’âge de 17 ans pour étudier en journalisme. Fonceuse, Noémie se lance la tête baissée non seulement dans ses études, mais également dans divers projets ayant un lien avec son amour inconditionnel pour la culture. La Châteauguoise d’origine est en effet cocoordonatrice du festival De l’Âme à l’Écran de l’année 2022, en plus d’être intervieweuse pour l’Autre Côté de la Cour, comité servant à promouvoir la salle de spectacle Côté-Cour et des artistes émergents. La mordue de rencontres et d’expériences qui font sortir de la zone de confort s’est fait la promesse d’œuvrer plus tard pour la culture et l’art. Décrite comme éparpillée et ardente, Noémie se voit mener une vie occupée, mais surtout heureuse.

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