mercredi , 17 août 2022

« Un jour j’ai réalisé qu’une femme autochtone pouvait aussi être entrepreneure »

Allier entreprenariat, valeurs autochtones et féminisme : c’est le défi que s’est lancé Mélanie Paul en créant deux entreprises environnementales dans la région. Originaire de Mashteuiatsh et fille d’un père entrepreneur, elle a décidé de faire de sa condition sa passion et son combat. Aujourd’hui, elle œuvre partout dans la province pour le développement de l’entreprenariat féminin et autochtone.  

melanie paul
Mélanie Paul a offert une heure de conférence gratuite aux étudiants du Cégep de Jonquière. (Photo : Théa Ribault)

 

Inspirer la jeunesse à entreprendre, c’est une cause dans laquelle la co-présidente d’Akua Nature et présidente d’Inukshuk Synergy, Mélanie Paul, souhaite s’investir un maximum. Une quarantaine d’étudiants et professeurs étaient présents pour l’écouter raconter son parcours lors de sa conférence au Cégep de Jonquière ce mercredi 8 décembre. « On voulait allier entreprenariat chez les jeunes et intégration des autochtones dans cet atelier. Il n’y avait pas meilleur invité qu’elle », expliquent la conseillère en vie étudiante pour l’accueil et l’inclusion des étudiants des Premières Nations au Cégep de Jonquière, Méguann Maltais et la conseillère à la vie étudiante en entrepreneuriat du même Cégep, Isabelle Maltais. 

Mélanie Paul a évoqué tout son parcours, à partir de son baccalauréat en travail social en 2000, jusqu’à l’ouverture de sa première entreprise Inukshuk Synergy en 2016. Plusieurs années durant lesquelles elle s’est cherchée, en tant qu’entrepreneure, re mais aussi en tant qu’humain. « J’ai côtoyé toutes les problématiques clichées qu’on associe à la vie autochtone. Les problèmes d’argent, d’addiction, de consommation…Chaque fois que je parle de ça, je deviens émotive parce que c’est ce qui a marqué mon enfance. C’est ça qui a fait qu’en tant que petite fille, je me suis dit : ”un jour je vais faire quelque chose pour aider ce monde-là” », témoigne l’associée de Danièle Henkel dans le projet « Mocassins et Talons hauts », dont la mission première est de faire briller les femmes entrepreneures des Premières Nations. 

echelle de Hawkins
La conférencière a présenté plusieurs principes psychologiques qui influencent la perception de la réalité et les limites que les gens se mettent eux-mêmes. Par exemple, l’échelle de Hawkins, la loi de l’attraction, différents tests de personnalité… (Photo : Théa Ribault)

 

En 2015, après son parcours à l’école d’entrepreneurship de Beauce, Mélanie Paul s’est trouvée, à 38 ans. À parti partir  de là, elle a su qu’elle ne voulait pas reprendre les entreprises de son père, mais créer les siennes avec des valeurs et des projets qui lui tiennent à cœur, comme l’environnement. De là sont nées Inukshuk Synergy, qui a pour but de créer de l’énergie verte pour les territoires éloignés, et Akua Nature, une entreprise qui innove dans des produits qui « soignent le corps et l’esprit », à base d’huiles essentielles, de tisanes, de bracelets conçus avec des pierres volcaniques, etc… 

En passant par la psychologie, le développement personnel, la spiritualité et autres savoirs, Mélanie Paul dit s’être affranchie des limites immatérielles que lui fixaient sa condition de femme autochtone pour devenir une vraie femme d’affaires. 

À propos de Théa Ribault

Pur produit de Bretagne, en France, Théa Ribault est arrivée au Québec immédiatement après le secondaire pour vivre une expérience d’indépendance totale. Passionnée de sport, de voyages, de littérature, et bien d’autres domaines, elle étend sa curiosité par-delà les frontières et cherche à découvrir un maximum de choses. Selon elle, « l’apprentissage est la plus grande source de richesse ». Intéressée par l’audiovisuel, son rêve demeure de travailler à la télévision, même si, pendant son cursus à l’école supérieure en Art et technologie des médias, elle a développé des compétences dans toutes les sphères de la communication et du journalisme

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