Se battre pour la relève

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Alors qu’on assiste à une fracture de la confiance entre citoyens et journalistes, les médias veulent rectifier le tir et rétablir ce qui a été brisé depuis plusieurs années, notamment grâce à la sensibilisation. Une tâche qui s’annonce ardue et qui s’étendra sur une longue période. 

Pour contrer ce problème de harcèlement, le chef de nouvelles à la radio de Radio-Canada Saguenay et ancien président de la FPJQ régionale, Michel Gaudreau, croit qu’il faut éduquer les jeunes davantage. « Présentement, il y a un effritement de la confiance envers les journalistes. Il faudrait instaurer un cours obligatoire à l’école où les étudiants apprennent la réalité des médias. » 

Mais cette réalité peut sembler mystérieuse pour ceux qui ne travaillent pas dans ce domaine. « Il faut sensibiliser les gens. Leur montrer ce que sont les médias et notre façon de travailler. Avec les réseaux sociaux et les fausses nouvelles, les gens sont noyés dans une mer d’informations. Il faut démontrer l’importance de notre métier. On ne dit pas qu’on est le quatrième pouvoir pour rien », fait valoir le journaliste de TVA, Jean-François Tremblay.  

Il précise que les insultes à l’endroit des journalistes sur les réseaux sociaux font partie de notre ère et sont là pour rester. Il faut se préparer à bien réagir et il ne faut surtout pas se laisser emporter par les émotions, conseille-t-il.  

Préparer les jeunes 

Comme le témoigne aujourd’hui la journaliste pour TVA Trois-Rivières Molly Béland, l’estime des débutants dans le milieu peut s’effriter rapidement. « On est des humains avant d’être journalistes, on a des émotions et quand tu me traites de grosse menteuse qui dit n’importe quoi, tu m’attaques personnellement et ça me fait de la peine. En plus, en tant que jeune journaliste, ça touche ma confiance, qui n’est déjà pas énorme. Ça vient me décourager un peu », confie celle qui n’a toutefois jamais envisagé de changer de métier. 

La clef selon le chef de nouvelles au Quotidien, Louis Tremblay, c’est de bien préparer la relève à cette dure réalité. « On doit avoir des bonnes discussions avant d’envoyer un jeune journaliste sur une manifestation. On doit aussi porter plainte quand des situations comme celles-là se produisent. » 

Dans un avenir rapproché, celui qui a été journaliste en zone de guerre estime que les organisations syndicales devront essayer de se pencher sur ce problème et savoir comment améliorer ce climat de haine qui en exaspère plus d’un et qui pourrait durer des années. 

Molly Béland estime que les femmes journalistes reçoivent beaucoup plus de commentaires dégradants à leur égard que les hommes.  (Photo: courtoisie)

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