Maison d’accueil pour sans-abri : le centre de jour ferme

Le centre de jour ferme désormais ses portes à 15h pour habituer les sans-abris à ne plus venir.

Crédit Photo : Roxane Tremblay

 

Le centre de jour de la Maison d’accueil pour sans-abri de Chicoutimi fermera ses portes le 3 avril, enlevant une ressource essentielle pour les personnes dans le besoin selon l’intervenant au centre de jour, Yelognisse Tonoukun. Selon lui, plusieurs itinérants qui fréquentent la maison se sentent oubliés dans cette décision.  

Ce centre est ouvert de 7 heures à 22 heures tous les jours depuis deux ans. Il reçoit environ une douzaine de sans-abri la semaine et une vingtaine la fin de semaine. L’organisation offre le déjeuner, des collations, un endroit chaud à la disposition de ceux qui en ressentent l’envie et l’aide d’intervenants pour les accompagner.

Le centre de jour est lié à la Maison d’accueil pour sans-abri et a été ouvert au départ pour prévenir la propagation de la COVID-19 au début de l’année 2020. Également pour offrir un refuge aux personnes dans la rue, selon l’intervenant.

« On dépend du CIUSSS et depuis l’année dernière on se fait dire que la subvention ne sera pas reconduite, mais on a tenu le coup jusqu’à à l’heure actuelle, ajoute l’homme. Par contre, on va fermer pour vrai maintenant. »

Alain Henry fréquente l’endroit tous les jours de la semaine sans exception et avoue que la fermeture va créer un vide. « Ça va faire drôle de ne plus pouvoir venir. Quand il va faire froid, on ne pourra plus se réchauffer en prenant un café », confie-t-il.

Il explique aussi qu’il a établi de beaux liens de confiance avec les employés qui ont toujours été présents pour les écouter et les aider à régler leurs problèmes. « Ça va être bizarre de ne plus les voir, avoue l’homme. C’est devenu comme ma famille et c’était rendu normal de les côtoyer chaque jour. Ça va me manquer. »
Une alternative dangereuse

Avec la fermeture du centre de jour, plusieurs sans-abris se retrouvent à d’autres places pour trouver refuge. Il y a entre autres l’autogare, un endroit insalubre et pas très sécuritaire d’après l’intervenant Yelognisse Tonoukun.

Il y a quelques semaines, Oscar Kichintuka s’est fait tabasser à cet endroit par 10 hommes parce qu’il a la peau noire. L’un de la bande l’a menacé avec un couteau en lui criant des bêtises comme « salle n**** retourne chez toi gorille ».

C’est Yelognisse qui a trouvé Oscar le lendemain matin alors qu’il marchait avec peine. « Il avait le visage ensanglanté et il ne voit plus d’un œil à cause de ça », affirme l’intervenant découragé. (Photo : Roxane Tremblay)

 

Oscar Kichintuka a recroisé un de ses malfaiteurs et il lui a dit « sal n****, on t’a eu et on va te tuer ». Il s’est également fait voler son cellulaire et 760 $.

Impact sur les employés

L’interruption des services du centre de jour a également des répercussions sur les employés. Yelognisse Tonoukun et ses collègues vont être transférés à la maison d’accueil, mais sur appel. « Ça ne fait pas de bon sens, je ne peux pas survivre en travaillant sur appel seulement », déplore-t-il.

À propos de Roxane Tremblay

Originaire d’un petit village aux alentours de Rimouski, Roxane Tremblay est une jeune femme énergique et affectueuse qui n’attend que de découvrir le monde. Quitter le nid familial à l’âge de 17 ans n’a certainement pas été facile, mais ça reste la meilleure décision de sa vie. Gymnaste pendant 13 ans, elle affectionne particulièrement le sport qui est pour elle un moyen de dépassement, de défoulement et de persévérance. Sa grande curiosité et sa facilité pour la communication l’ont amenée en Art et technologie des médias où elle a pu vivre une multitude d’expériences inoubliables qui ont forgé la personne qu’elle est devenue aujourd’hui. De plus, elle est engagée, organisée et sera toujours prête à aider un ami. Passionnée un peu trop par la musique coréenne et les langues, elle souhaite voyager en Asie pour y découvrir leur culture et aller voir son groupe favori (BTS) en spectacle. Elle n’est peut-être pas la plus drôle, mais elle sera la première à rire si vous lui faites une blague. Sur le plan professionnel, Roxane aimerait travailler pour un média qui va la faire bouger, l’envoyer sur le terrain et couvrir des sujets délicats.

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