Slamer parmi les grands à 16 ans

Marie-Ange Larouche rêve de devenir un modèle dans le monde du slam pour la génération de demain. — Photo : courtoisie Marie-Ange Larouche

À seulement 16 ans, Marie-Ange Larouche rêve de slamer sa poésie sur scène et aspire à rédiger un livre un jour. La jeune de Dolbeau-Mistassini, qui a en autre assuré la première partie du poète David Goudreault, trace déjà sa marque parmi les grands du monde de l’art oratoire au Québec.

 La dernière année a permis à Marie-Ange Larouche de faire une grande envolée dans le monde du slam. Cet art consistant à scander avec émotions des textes sur scène lui a donné la chance de se démarquer lors de divers concours. Repérée par l’auteur David Goudreault, la créatrice s’est rendue sur scène lors d’un spectacle de celui-ci pour porter ses rimes et son message.

Celle qui se décrit comme une slameuse a également été sélectionnée parmi des centaines de jeunes talents québécois pour une série de capsules réalisée par Télé-Québec. Pour l’occasion, elle a rencontré une de ses inspirations, soit la slameuse Queen Ka. Cette collaboration avec la chaîne de télévision québécoise lui donnera une nouvelle tribune puisqu’un spectacle auquel elle participera sera enregistré et diffusé dans les prochains mois.

La poésie de type slam est entrée dans la vie de Marie-Ange Larouche dans le cadre scolaire. Lors de sa première année au secondaire, l’étudiante a fait la découverte d’une partie d’elle-même jusque-là insoupçonnée. « Je suis une personne plutôt anxieuse et en découvrant la poésie, j’ai compris que je pouvais prendre mes émotions et les mettre sur papier. Ça m’a sauvée. C’est un exutoire qui me permet d’être totalement qui je suis et de dire ce que je veux. Ça me permet d’être la meilleure version de moi-même », raconte-t-elle.

Même si elle écrit en moyenne un texte par semaine, l’étudiante de la polyvalente des Quatre-Vents ne rédige pratiquement jamais à une table. « L’inspiration va s’en aller si je fais ça. J’ai souvent des idées quand je marche ou quand je dors. Je prends donc en note ce que j’ai en tête et j’en fais des poèmes », affirme celle qui adore jouer avec les mots.

 Malgré les nombreux retours positifs qu’elle reçoit aujourd’hui, la jeune de Dolbeau-Mistassini n’a pas toujours assumé son art. « Ça m’a pris du temps avant de montrer mes textes aux autres. J’ai toujours aimé jouer de la plume, mais il n’y avait que mon enseignante, Mme Rondeau, celle qui m’a initiée au slam, qui lisait mes créations. J’ai ensuite été invitée à prêter ma voix à mes écrits lors d’une activité scolaire. C’est à ce moment que j’ai commencé à performer mes textes et je n’ai pas arrêté depuis », ajoute la jeune dont le premier contact avec la poésie s’est fait en écrivant des chansons.

La poète ne se limite pas aux thèmes classiques tels que l’amour, la tristesse ou la peur lors de l’écriture de ses slams. L’autrice réfléchit énormément aux enjeux sociaux. « Je démystifie des sujets, je parle d’injustices dans le monde. Je me suis donné comme mission de marquer les gens et j’aborde souvent des sujets d’actualité », commente la jeune femme.

Selon la comédienne et directrice générale du Théâtre CRI, Marilyne Renaud, cette pratique est une des formes d’art qui se rapproche le plus de ce que vivent les gens ici et maintenant. « Les poètes peuvent écrire de manière rapide et instinctive. C’est accessible à tous les créateurs et comme ce sont souvent de courts textes, ça permet de tenir des propos très près de l’actualité », avance l’ancienne animatrice des soirées de poésie de Slam Saguenay.

Marie-Ange Larouche qui puise son enseignement dans le travail de David Goudrault et Queen Ka entretient un lien important avec la langue française. « C’est une langue majestueuse, la plus belle selon moi et j’en ferai toujours ma priorité. Mon but est de devenir une figure du slam pour la relève de demain », soutient la slameuse. 

À propos de Gabrielle Simard

Pour Gabrielle, les mots sont comparables aux crayons de cire ; ils sont offerts en plusieurs teintes et permettent, lorsque bien utilisés, de colorier la plus complexe des jungles. Impliquée, imaginative et appliquée, elle a la justice et l’égalité tatouées sur le cœur. Son esprit fougueux stimulé par l’être humain, les arts, l’apprentissage, la discussion et la réflexion cherche toujours à en apprendre un peu plus sur tout. Étant originaire d’Arvida, la jeune allumée par l’écriture s’intéresse aux phénomènes sociaux et voit une richesse inépuisable dans chacun des humains qui comportent notre monde. Gabrielle évolue comme journaliste culturelle et généraliste au sein de la coopérative de l’information Le Quotidien depuis mai 2021. Comme elle juge primordial de s’investir dans son milieu, celle qui adore les découvertes œuvre également en tant que codirectrice et journaliste au magazine web La Cerise depuis trois ans. Pour occuper ses temps libres, Gabrielle s’investit dans Cégeps en spectacle, compose des mélodies, consomme sans modération des documentaires et se prête à des séances d’écriture une tisane à la main.

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