Sports : quand l’anxiété est de la partie

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C’est en travaillant sur ses points faibles et en allant souvent au gym que Cameron a réussi à diminuer son anxiété de performance. (Photo : Courtoisie)

 

Philip Tremblay et Cameron O’Glady sont deux jeunes adultes qui ont quitté leur région d’origine pour poursuivre la pratique de leur sport, un élément clé de leur développement. Cependant, ils ont été confrontés à l’anxiété de performance sportive.

« La santé mentale était un sujet qui était et qui est encore très tabou. Il y avait cette croyance-là, il n’y a pas si longtemps, que les athlètes de haut niveau étaient un peu immunisés à tout ce qui touchait la santé mentale. Les dernières années de recherche ont montré que non, les étudiants-athlètes ne sont pas immunisés », explique le conseiller en développement global de l’étudiant-athlète pour l’alliance Sports-Étude Samuel Bélanger-Marceau.

Philip Tremblay a quitté son domicile de Sept-Îles à 17 ans pour s’installer à Jonquière, et ainsi, pour pouvoir continuer de pratiquer son sport, qui ne s’offrait pas au collégial dans sa région.

« Je voulais vivre mon rêve, qui était de jouer au football le plus longtemps que je pouvais. » Il a ainsi rejoint les rangs de l’équipe des Gaillards, en division 3.

Dès son arrivée dans l’équipe, Philip a ressenti ce besoin de performer.

« Il faut que je joue. Il faut que je prouve à mes parents que je suis arrivé pour ça et il faut que je performe. […] C’était beaucoup d’anxiété, je l’ai eu rough. »

Cameron O’Glady a vécu une situation semblable lors de son arrivée à Jonquière. Elle a quitté Trois-Rivières pour pouvoir jouer au volleyball dans la plus haute catégorie possible.

« Au début, j’étais vraiment contente de déménager. Je partais de chez mes parents, j’étais heureuse. Quand les pratiques ont commencé, j’ai compris que c’était vraiment sérieux ; je me suis mis une pression supplémentaire pour performer. »

À un certain point, Cameron ne pouvait plus contenir son anxiété.

« Les sauts me stressaient. Je ne suis pas grande et je ne sautais pas haut. Je me mettais beaucoup de pression. À chaque fois qu’on avait nos tests physiques, je faisais des crises d’anxiété parce que je n’aimais pas ça, mais je voulais avoir une place sur le jeu. »

En plus du stress dans le sport, la jeune athlète vivait de l’angoisse d’un point de vue social.

« Ça a été un gros stress quand je suis arrivée. Je voulais plaire à tout le monde dans l’équipe. J’étais stressée de rencontrer les filles. J’avais peur qu’elles ne m’aiment pas. J’essayais de bien paraitre pour qu’elles m’acceptent et pour être non seulement leur coéquipière, mais aussi leur amie. »

Vaincre l’anxiété

Philip Tremblay a commencé à pleinement profiter de son sport lorsqu’il a pris conscience de son anxiété.

« Crime, je n’ai plus de fun à jouer. Il faut que je retourne à la base. J’ai parlé à mes anciens coachs, mes chums, et j’en suis revenu à ce que j’aime faire : m’amuser. »

« L’anxiété, c’est important de la normaliser. Tous les humains vivent de l’anxiété », tient à souligner M. Bélanger-Marceau.

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