Combattre l’anxiété une photo à la fois

L’instigateur de l’évènement, Marc-André Bouchard-Lapointe, aussi membre du Centre l’Escale de Jonquière. (Photo : Sara-Léa Bouchard)

 

L’exposition « Si c’était moi… », présentée au Centre culturel du Mont-Jacob de Jonquière, ce jeudi, est la première dans la région à s’ouvrir sur les problèmes psychologiques à l’aide de la photographie.   

Les portraits de 22 modèles atteints de problématiques de santé mentale représentent le cœur de cette exposition.  

« Le but de l’exposition est de ramener la normalité au niveau de la société, de briser les préjugés face à la santé mentale. D’un simple regard, il peut être difficile de mettre des mots sur ce qu’une personne peut vivre », exprime l’intervenant soutien au logement à l’Escale et organisateur de l’évènement, Marc-André Bouchard-Lapointe.  

Réalisée en collaboration avec la Fondation Équilibre Saguenay Lac-Saint-Jean, l’exposition rassemble des photographies de personnes issues de divers milieux et de tous âges.  

Près de 17 témoignages, anonymes ou non, ont également été dévoilés sous forme de lettres ouvertes aux gens présents. Ils ont été accessibles et placés aléatoirement pour pouvoir en faire la lecture tout au long de la soirée.  

La coordonnatrice clinique à l’Escale, Karine Tremblay, a d’ailleurs souligné avec émotion que « grâce à leur grande ouverture d’esprit, ces personnes ont tenu à nous transmettre leurs témoignages assez touchants, qui nous amène dans leurs univers remplis d’obstacles, mais aussi de rétablissement. Vous allez lire des choses qui font sens, mais qui sont par-dessus tout, des modèles à tous les niveaux. » 

La photographe en charge du projet, Roxanne Tremblay, s’est dit « très fière d’avoir pu participer et contribuer à faire bouger les choses » en remerciant les personnes qu’elle a pris en photo, pour « leur temps et leur générosité. »  

Défaire les tabous, une affaire de société 

 Selon M. Bouchard-Lapointe, encore beaucoup trop de préjugés sont émis à l’égard de la santé mentale. À son avis, changer ces mentalités veut aussi dire savoir la comprendre et la démystifier.  

Quelques outils d’autogestion et de la marchandise promotionnelle du Centre l’Escale. (Photo : Sara-Léa Bouchard).

« Souvent, les gens ne font pas la différence entre santé mentale et problématiques de santé mentale. On veut essayer de ramener un aspect d’éducation au niveau de la société ». 

Une problématique qui s’étend même du marché du travail jusqu’à l’école.  

« Pour ces milieux, il faudrait travailler sur l’accessibilité des services. Aussi, les gens devraient être mieux informés des moyens qui peuvent leur venir en aide. Avec l’exposition, on est venu créer des outils d’autogestion pour la population, parce qu’on est conscient du manque de soins de santé. »  

Les portraits demeureront exposés du 17 novembre au 18 décembre au Centre national d’exposition de Jonquière. Le vernissage officiel aura lieu le dimanche 20 novembre. 

À propos de Sara-Léa Bouchard

Originaire du Lac St-Jean, Sara-Léa Bouchard a trouvé sa place en Art et technologie des médias. L’écriture a toujours été omniprésente dans sa vie. En 2016, elle publiait son premier livre Le mystérieux bracelet, suivi du tome 2 en 2018, Dans l’ombre de la faille avec les Éditions Première Chance. L’an dernier, elle était co-directrice du Webmagazine La Cerise, un journal pour les étudiants du Cégep de Jonquière. Elle a légué son expérience à la relève. Elle souhaite tailler sa place dans le journalisme en y ajoutant sa plume et sa couleur. « Le journalisme est parfois gris et fade », pense-t-elle. Son objectif est donc de le faire rayonner davantage. Ambitieuse et talentueuse, Sara a un penchant pour la nouveauté et l’innovation.

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