Réinsertion sociale des ex-détenus : le marché de l’emploi évolue

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La pénurie de main-d’œuvre est une alliée de taille pour les personnes qui sont en réhabilitation et en réinsertion sociale après avoir fait de la prison. Même si certains secteurs d’emplois leur demeurent fermés, une évolution est remarquée. 

« Ce qu’on constate depuis à peu près deux ans, avec la pénurie de main-d’œuvre, c’est qu’il est plus facile pour quelqu’un qui sort de prison ou qui a un casier judiciaire de trouver un emploi. Les entreprises, en général, sont un peu moins regardantes, en raison du manque de personnel. Elles sont donc prêtes à engager des gens qu’elles n’auraient pas engagé auparavant », exprime le directeur général de l’Association des services de réhabilitation sociale du Québec (ASRSQ), David Henry. 

 Un jeune Saguenéen qui est sorti de prison cet automne et qui préfère rester anonyme mentionne qu’il a pu retrouver son ancien emploi dans le domaine de l’usinage lorsque sa sentence a pris fin. « C’est sûr et certain que ça a un lien avec [la pénurie de main-d’œuvre] », déclare-t-il. 

M. Henry ajoute toutefois que certains secteurs sont très difficiles à rejoindre, peu importe la gravité du casier judiciaire. « Dans certains secteurs d’emploi comme ce qui est bancaire, courtage immobilier, assurances, gouvernement, c’est très compliqué de se trouver un emploi avec un casier judiciaire, que ce soit pour des accusations comme conduite avec facultés affaiblies ou agression », explique le directeur-général de l’ASRSQ.

 Avant l’emploi vient la réhabilitation 

 Une intervenante en réhabilitation sociale qui doit rester dans l’anonymat en raison de son travail mentionne qu’avant la fin de leur sentence, les détenus peuvent demander d’aller dans un centre résidentiel communautaire (CRC). Ils seront évalués et s’ils démontrent de la volonté à travailler sur eux-mêmes, ils seront admis. Les hommes qui font la requête d’intégrer ces centres devront aussi respecter certaines conditions. Par exemple, les pyromanes ne sont généralement pas acceptés.  

Le centre résidentiel communautaire de Roberval.

 Elle mentionne aussi qu’à Roberval, le CRC compte 30 places, et a en moyenne 20 membres en permanence. Dans ces maisons de réhabilitation sociale, les résidents doivent suivre des programmes, selon le crime qu’ils ont commis. Il y en a en toxicomanie, en déviance sexuelle, en violence et en facultés affaiblies, par exemple.  


Après environ six mois de séjour et de réhabilitation, vient le temps de la réinsertion sociale. Les CRC dirigent les repris de justice vers des organismes pour les aider à retrouver le marché du travail ou les bancs d’école.  

 

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