Au-delà du sport avec le combat d’armes en mousse

 

Le CAM a repris ses activités le 19 septembre, après une pause de deux ans due à la pandémie. (Photo : Jérémy Lussier)

 

Le combat d’armes en mousse (CAM) reprend du poil de la bête au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Ce sport, méconnu dans la région, permet aux gens qui le pratique de développer leur côté créatif et leur côté sportif, selon le combattant Nicolas Duguay.

« Il y a une envie de faire du sport, et le CAM, c’est une sorte d’entrainement », explique l’enseignante à la polyvalente Jonquière et amatrice de combat d’armes en mousse Magali Perrin. Cette dernière explique que le combat n’est qu’une branche du jeu de rôles grandeur nature, une branche qui permet de bouger. « On va faire du free for all, du roi de la montagne, de la prise de drapeau, bref, plein de modes qui sont plus sportifs. »

Nicolas et Magali se réunissent bimensuellement, avec une dizaine d’amis, pour pratiquer ce sport dans le sous-sol de l’Église Christ-Roi à Chicoutimi. Lors de pratiques prépandémiques, le groupe a déjà compté entre 30 et 40 participants par activité. Lors de leur plus récente activité, ils étaient une douzaine.

« Ça se passe beaucoup par le bouche-à-oreille », indique Magali Perrin, qui souligne qu’en région, on retrouve plusieurs curieux qui souhaitent s’initier à ce sport de combat. « L’implication d’une arme en fait un sport de combat différent, intriguant. »

Un combat en toute sécurité

Nicolas Duguay explique qu’avant chaque combat, toutes les armes utilisées sont soigneusement scrutées et doivent respecter certains standards.

Épées, lances, javelots, haches, couteaux ; toutes les armes sont spécialement adaptées pour le combat, afin d’être sécuritaires. (Photo : Jérémy Lussier)

 

« À chaque évènement dans les jeux de rôle grandeur nature, il y a des organisateurs qui font une homologation : ils palpent ton arme, regardent si elle est sécuritaire et s’assurent qu’il n’y ait aucune possibilité que tu blesses quelqu’un avec ton arme. Ensuite, ils te donnent un sceau de certification d’homologation. Sur le champ de bataille, des gens surveillent et s’assurent que toutes les armes sont homologuées. »

Nicolas Duguay, comme ses camarades, fabrique lui-même ses armes. Lances, épées, boucliers, chaque arme et accessoire est fabriqué de façon artisanale. « C’est une vieille tradition [de confectionner ses armes]. Ce qui est le fun, c’est que ça ne coute rien. On prend les premiers matériaux qu’on trouve à la quincaillerie ; un bout de tuyau en PVC, de l’isolant qui coute 50 cents le petit bout et le classique duct tape. » Nicolas fabrique ses armes pour qu’elles soient à la fois sécuritaires, durables et légères.

Le CAM, un art

 Magali Perrin explique que la partie créative du sport vient mais aussi de la création de nouveaux jeux. « Je dirais que c’est beaucoup l’esprit. Il y a plein de modes de jeux différents et il faut utiliser beaucoup de stratégies ».

Magali Perrin s’est jointe au CAM en 2014. (Photo : Jérémy Lussier)

 

« Il faut être créatif, mais pas seulement d’un point de vue artisanal [pour la fabrication des armes], précise le combattant. Tu dois t’inventer des personnages ; tu joues quelqu’un que tu n’es pas », précise Nicolas, qui participe parfois à des jeux de grandeur nature.

Un aspect social

« C’est une forme de socialisation, explique Nicolas. Le grandeur nature, ça attire les gens qui sont renfermés socialement ou qui n’ont pas beaucoup d’aptitudes sociales. Ça joue ce rôle-là, d’intégration sociale. »

« Au début, quand tu rentres dans les jeux de grandeur nature, tu n’as pas confiance en toi. Ce qui est le fun, c’est que tu ne te joues pas toi ; tu joues quelqu’un d’autre. Les jeunes qui n’ont pas confiance en eux peuvent prendre confiance à travers leurs personnages. C’est une forme d’expérimentation sociale. Tu te découvres à travers ton personnage dans le grandeur nature, et je pense que c’est l’un des aspects les plus positifs », se réjouit Nicolas Duguay.

Cependant, parfois, les combattants se butent à l’incompréhension et aux critiques des gens, bien que la situation ait évolué. « De moins en moins, mais c’est sûr que les jeux de grandeur nature sont stigmatisés. On a toujours l’image du petit gars bizarre qui va faire des jeux grandeur nature et qui va jouer aux chevaliers avec ses amis. Oui, les gens ont des préjugés, mais c’est de moins en moins pire », explique M. Duguay.

À propos de Jeanne Trépanier

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Ayant grandi dans la petite municipalité de Danville en Estrie, Jeanne Trépanier y a développé un intérêt pour le journalisme. Découvrant ATM en 2020, sa première année dans la technique a confirmé cet intérêt. C’était SA vocation. Passionnée de criminologie et désirant s’impliquer dans le mouvement féministe, Jeanne compte poursuivre son parcours académique à l’université dans l’ultime but de devenir journaliste d’enquête. Pour ce faire, elle se dévoue à la tâche, s’impliquant notamment dans le journal étudiant La Cerise en plus de faire un court passage dans le journal web Estrie Plus. Son aisance, tant dans l’écriture que devant la caméra, fait de Jeanne une journaliste accomplie. Sociale, réfléchie et très rigoureuse, elle désire apporter ces qualités avec elle dans les grandes métropoles afin d’y découvrir un aspect du journalisme qu’elle n’a pas encore eu la chance d’explorer. Avec sa fine plume et une détermination sans pareil, cette passionnée de voyages et de danse saura captiver son auditoire!

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