Les jeux d’argent en ligne en augmentation

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Selon une étude effectuée par l’Enquête québécoise sur le tabac, l’alcool, la drogue et le jeu en 2019, 2,7% des jeunes sont considérés comme des joueurs susceptibles de développer une dépendance au jeu et 1,5% sont des joueurs pathologiques probables. (Photo : Sara-Léa Bouchard)

 

Avec l’utilisation accrue d’internet et l’arrivée de la pandémie en 2020, causant une fermeture temporaire des établissements de jeu du Québec, de nombreux joueurs ont migrés des jeux de hasard et d’argent hors-ligne vers les jeux en ligne. 

 « Le jeu de hasard et d’argent en ligne est associé à davantage d’impacts sur un ensemble d’indicateurs de santé, de fonctionnement social et de qualité de vie », c’est ce qu’affirme la conseillère scientifique spécialisée à l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), Elisabeth Papineau, basé sur une étude effectuée en 2022 chez les adultes. 

Comme l’exprime le directeur clinique au centre le Havre du Fjord de Jonquière, Stéphane Bujold, « maintenant, tu peux carrément avoir ton casino dans tes poches. C’est vraiment l’une des dépendances qui se cache le mieux, mais qui est la plus malsaine ».  

 Toujours selon le rapport 2022 de l’INSPQ, en 2021, les revenus de jeu en ligne ont connu une croissance de 214% par rapport à 2019-2020.  

Une nouvelle dynamique s’installe également avec les jeux en ligne, qui rend la dépendance plus proéminente pour les joueurs problématiques compulsifs.

 « On s’entend que tous ces jeux-là ont été très bien développés pour une bonne stimulation. On a le son, la lumière, les couleurs, l’effet des répétitions. Le cerveau s’allume, et c’est ce qui fait en sorte que les joueurs compulsifs développent tout le temps une envie d’y retourner », explique M. Bujold.  

Stéphane Bujold, directeur clinique, accompagné de Lyne Gagnon, coordonnatrice à l’accessibilité et aux services du centre de rétablissement le Havre du Fjord à Jonquière. (Photo : Sara-Léa Bouchard)

Des effets à long terme 

Stéphane Bujold énonce que « chez les adultes, les effets peuvent être importants. J’ai vu des gens qui ont perdu jusqu’à 700 000 $, qui ont perdu leur maison ».  

  La coordonnatrice à l’accessibilité et aux services au centre le Havre du Fjord, Lyne Gagnon, soulève qu’il ne faut pas ignorer les risques liés à la pratique trop fréquente des jeux en ligne.  

« Quelques fois, on voit de la concomitance: ils sont à risques, ou alors ils vont jouer à des jeux. Jusqu’à ce que l’on se rende compte qu’ils ont investis des montants d’argent importants. »

 Elle ajoute que « des documents d’évaluation existent, des documents de dépistages existent aussi, donc à ce moment-là on regarde s’il y a une problématique et si on a besoin d’aller plus loin ». 

Une aide primordiale  

Reste que ces pratiques problématiques, même sous représentées, ont besoin d’être contrôlées. C’est d’ailleurs ce que le programme d’autoexclusion de Loto-Québec permet de faire, depuis 1993. 

 La directrice du portail « Jeu responsable » de Loto-Québec, Isabelle Martin, évoque que « souvent, pour les personnes qui sont en perte de contrôle et vivent des conséquences négatives liées à leur participation aux jeux de hasard et d’argent, le fait de s’inscrire au programme d’autoexclusion va leur permettre d’arrêter complètement de jouer ». 

Ce programme est aussi offert pour les jeux en ligne. En un clic, le client peut bloquer l’accès à son compte de jeu en ligne à partir du site web de Loto-Québec.  

« Chaque personne qui s’inscrit au programme, que ce soit pour les casinos de salon de jeux ou en ligne, se voit informée de toutes les ressources d’aide présentes dans la province. C’est important de se lier et d’informer les gens, quand ils prennent la grande décision d’arrêter de jouer, ne serait-ce que de les écouter. » 

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