Les producteurs de lait se mobilisent pour mieux transformer

319
0
Partagez :

Les 244 producteurs du Saguenay-Lac-Saint-Jean étaient conviés à l’assemblée générale annuelle tenue à Alma, mardi. (Photo Mickael Meunier)

 

Les producteurs laitiers du Saguenay-Lac-Saint-Jean ont discuté, mardi, pour la création d’un fonds qui soutiendrait le développement des capacités de traitement des solides non gras tel que le fromage. 

Lors de leur assemblée générale annuelle, les artisans locaux du lait ont ainsi envisagé de verser 35 cents par hectolitre de lait produit pour stimuler la création d’usines de transformation, qui l’espèrent-ils, pourraient réduire les pertes actuelles en transformant leurs protéines inutilisées.  

Les consommateurs québécois, mais aussi ceux de partout dans le monde, se tournent davantage vers les produits transformés à partir de matière grasse, ce qui pousse les producteurs laitiers du Saguenay–Lac-Saint-Jean et bien d’autres à espérer un meilleur rendement chez leurs amis les transformateurs. 

Daniel Gobeil, président régional et provincial des producteurs de lait. (Photo Michael Meunier)

« On a un surplus de protéines dans notre production. Les usines ne fournissent plus. Ça fait en sorte qu’on doit jeter du lait écrémé. Les gens ne boivent plus le lait, ils le mangent », lance le vice-président régional du conseil d’administration des producteurs de lait du Saguenay–Lac-Saint-Jean, Pierre-Yves Tremblay, avec une pointe d’humour. 

« Ça fait plus d’un an qu’on explore des pistes pour régler les problèmes de surplus de lait et de crème. C’est critique, les investissements n’ont pas suivi du côté des transformateurs et transporteurs », raconte le président régional et provincial des producteurs de lait, Daniel Gobeil. 

Des bonnes nouvelles et des initiatives 

Dans la dernière année, le prix du lait à boire a été revu à la hausse à deux reprises, ce dernier étant basé de façon égale sur les coûts de production ainsi que sur l’indice des prix à la consommation mondiale. « Ça, c’est la bonne nouvelle, le côté plus positif. On n’aurait pas pu être profitable sans ces hausses-là », confirme M. Gobeil. 

Les demandes des consommateurs ont évolué au fil des ans et en ce sens, les producteurs se donnent le devoir d’y répondre, atteste Pierre-Yves Tremblay. « Sur le plan du bien-être animal, les gens sont soucieux des conditions dans laquelle notre production est faite. C’est important pour nous aussi. Dans les prochaines années, des investissements seront faits chez plusieurs de nos producteurs pour ajuster les infrastructures et les pratiques de façon uniforme. » 

Pierre-Yves Tremblay, vice-président du conseil d’administration des producteurs de lait du Saguenay-Lac-Saint-Jean. (Photo MIckael Meunier)

Un plan de développement durable a aussi présenté. Trois axes principaux ont été identifiés dans un travail fait de concert avec la chaire d’éco-conseil de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC). L’agroenvironnement, la pérennité des entreprises et l’implication des producteurs sont les éléments porteurs de ce dernier. 

« On fait partie du tissu économique et du tissu social de la région. L’impact qu’on a dans la communauté n’est pas à négliger. Notre production permet de maintenir des centaines d’emplois en région. C’est en tout 154 M$ de profits qui se font ici au Saguenay–Lac-Saint-Jean », illustre Daniel Gobeil. 

Partagez :