Les magiciens en coulisses

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Un grand général dans son uniforme recouvert de médailles, un homme en flamme qui court à travers un mur de béton… Nombreux sont les aspects marquants d’une pièce que l’on doit aux techniciens du spectacle.

Sans cascadeur, une scène d’action avec une chute de deux étages semblerait impossible. Sans accessoiriste, la comédienne n’aurait jamais pu avoir un costume aussi époustouflant. C’est dans ce genre de détails que l’on reconnaît une œuvre de qualité.

« Être fou, mais pas stupide »

Responsable des mouvements dangereux et cascadeur à La Fabuleuse histoire d’un Royaume depuis 15 ans, Robert Maltais donne vie aux scènes d’action les plus folles. Ancien technicien en architecture, c’est pour soutenir ses deux jeunes filles qu’il s’initie au sixième art. Qu’il s’agisse de traverser un mur, de se battre à l’épée ou de s’immoler vivant, tout semble à sa portée. Pour le casse-cou d’une cinquantaine d’années, il est essentiel de savoir protéger trois différentes choses : son corps, son environnement et le mouvement en lui-même. En résumé, le but d’un cascadeur est de pouvoir réaliser des actions dangereuses de façon sécuritaire.

Robert Maltais est un mordu de sensation forte qui pratique le métier de cascadeur depuis maintenant 15 ans.

« Pour être capable de faire ce genre de travail là, il faut vraiment que t’aimes ça », explique-t-il. Encore aujourd’hui, le cinquantenaire s’entraîne au moins deux heures par jour. Même lorsqu’il sort pour une promenade avec ses deux chiens, il préfère un terrain accidenté qui le force à exercer sa coordination et son équilibre. C’est en repoussant toujours ses limites qu’il reste attaché à ce qu’il fait.

Grâce à ses entraînements et à son professionnalisme, Robert Maltais peut se vanter de ne jamais avoir blessé qui que ce soit au cours de sa carrière. C’est grâce à son côté control freak que le cascadeur reste toujours vigilant lorsqu’il travaille. « Si j’avais pas peur, je serais mort depuis longtemps », insiste-t-il.

Mettre la cerise sur le gâteau

José Michaud, accessoiriste, occupe le poste de chef accessoiriste dans la production de La Fabuleuse histoire d’un Royaume depuis 27ans. L’artisan se doit de concevoir tous les décors et équipements nécessaires à la pièce. Profession qui, selon lui, se trouve à mi-chemin entre discipline technique et artistique. Bien que l’art intervienne lorsqu’il s’assure de faire un objet avec un bon rendu esthétique, le côté technique se doit de garder les accessoires durables et cohérents au sein de l’œuvre.

C’est pourquoi « la connaissance et l’expérience, c’est vraiment important ». Lorsque José équipe un comédien dont le personnage vit au 18e siècle, il ne peut pas l’affubler des dernières chaussures à la mode. Le tout doit rester cohérent avec l’époque de la pièce, d’où le besoin d’avoir une bonne connaissance quant au sujet travaillé. De plus, lorsqu’il fabrique des accessoires, un artisan doit toujours s’assurer que ce dernier soit de bonne qualité. Il est donc important d’avoir une certaine expérience afin de sélectionner les matériaux qui seront les plus efficaces et les plus rentables. C’est avec cette exigeante éthique de travail que l’accessoiriste arrive à lustrer des épées avec du cirage à plancher ou à confectionner une charrette complète par ses propres moyens.

Plaisir non partagé n’est plaisir qu’à moitié

La plus grande contrainte de ces métiers est de devoir travailler de pair avec les comédiens. Un accessoire ne servira à rien si l’acteur ne veut pas le porter. Un combat d’épée spectaculaire ne peut pas avoir lieu si le cascadeur est le seul à maîtriser la chorégraphie. Le véritable but d’un technicien du spectacle est d’utiliser ses compétences pour rendre le spectacle encore plus grandiose. C’est donc en s’adaptant aux besoins de leurs collègues que José et Robert arrivent à bien jouer leur rôle. Comme dit d’ailleurs le chef accessoiriste à propos du comédien : « si lui est heureux, tu es heureux ».

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