L’inclusion a le dos large

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Parfois en cherchant à corriger une injustice, on peut en créer une autre. L’inclusion des femmes transgenres dans les catégories féminines sportives tisse un sérieux débat. Dans pratiquement tous les cas, les femmes « biologiques » (cisgenres) sont désavantagées.

Les droits de la personne de la communauté trans et LGBTQ+ ne sont pas sujets à débat. Celui-ci vise à protéger ceux des femmes cisgenres. Arriver à trouver un équilibre sera une route longue et progressive.

Au cours de l’été, plusieurs évènements ont suscité des réflexions. Le cas d’Anne Andres, une dynamophile transgenre, a soulevé des milliers de commentaires et réactions sur internet. Elle a participé à une compétition provinciale de dynamophilie au Manitoba en août dernier.

Elle a compétitionné dans la catégorie Master 1 (40 à 49 ans) et 84+ kg (84.01 kg et plus). Elle a non seulement établi un record, mais elle a surpassé son adversaire, SuJan Gill, de 200 kg sur son total de poids levés. Ses statistiques sont semblables à celles des hommes de son âge. En tant qu’athlète, comment est-ce possible de se sentir en compétition contre quelqu’un génétiquement avantagé ?

Avantages physiques indéniables

« Même avec des hormones de suppression, les avantages liés au sexe seront conservés », a déclaré, dans un article du Devoir, l’un des membres de la Fédération internationale de natation (FINA), le Dr Michael Joyner. Certains avantages acquis par les hommes à la puberté ne sont pas perdus avec la suppression des hormones, tout comme lors de la transition d’une femme transgenre. Cela inclut : des poumons et un cœur plus massifs, des os plus longs, plus de muscles et moins de graisse, etc. La biologie n’est pas le seul facteur qui mène un athlète à être performant, mais il est assurément à considérer.

Dans ces situations, la bravoure des athlètes transgenres est à souligner. C’est un dur combat qu’ils, elles et iels devront mener. Mais est-ce que permettre aux femmes intersexes de compétitionner avec les femmes cisgenres dans le sport c’est fair-play ?

Rien de nouveau

Le système de classification paralympique s’assure que tous les athlètes qui concourent dans une même catégorie ont la garantie que leurs aptitudes fonctionnelles sont semblables. Ceci, jusqu’à un certain point, est similaire à grouper les athlètes par âge, genre ou poids. De même qu’au basketball et en natation. Les nageurs sont divisés selon leur niveau, leur âge et leur sexe pour égaliser la compétition et donner à tous une chance de gagner. Il n’y a rien de nouveau ni de mal dans la catégorisation pour prendre en considération les avantages et les désavantages génétiques de chacun.

Certes, il faut accepter que le monde évolue et que les choses changent. Mais ce n’est pas radical d’insister et de s’appuyer sur la science. Chose certaine, l’inclusion de femmes transgenres brime les chances des femmes cisgenres dans le sport. L’inclusion a le dos large.

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