Aucune thérapie contre la cyberdépendance dans la région

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Aucune thérapie fermée contre la cyberdépendance n’est disponible sur le territoire du Saguenay-Lac-Saint-Jean. « Déjà un jeune qui va dans un centre, c’est déjà beaucoup, si en plus il doit s’éloigner, on rajoute une couche de plus », déplore une psychologue spécialisée en cyberdépendance, Geneviève Beaulieu-Pelletier.

 

Des organismes et des centres de traitement de la dépendance qui permettent une thérapie aux personnes souffrant de cyberdépendance existent ailleurs au Québec. Le Grand Chemin est un bon exemple. Il se situe à Québec et à Montréal et offre de la psychothérapie et un hébergement pour soigner la cyberdépendance. Cette dépendance touche 3,3% des jeunes en 2021 selon une donnée fournie par une experte en cyberdépendance. Cette statistique correspond à un jeune sur une trentaine, soit environ un élève par groupe classe. Il s’agit d’une augmentation de 2% depuis 2019. « On voit, ça évolue beaucoup. Qu’est-ce qu’on va inclure en termes de diagnostic ? Oui ça va augmenter parce que quand on l’a en diagnostic officiel, on peut mieux l’attribuer », explique la psychologue spécialisée en cyberdépendance et conférencière, Geneviève Beaulieu-Pelletier.

 

Le Centre de réadaptation en dépendance (CRD) de l’hôpital de Jonquière a confirmé à La Pige offrir des rencontres individuelles ainsi que des rencontres de groupe, sans toutefois offrir une thérapie fermée avec un psychologue ayant une formation et une expertise en cyberdépendance. Pour un traitement optimal, cette formation est nécessaire, selon Geneviève Beaulieu-Pelletier

 

Après de longues recherches, notamment sur Google, un seul centre de traitement de la cyberdépendance semble exister, le CRD Saint-Antoine de Roberval. Deux appels effectués par La Pige, à cet endroit, ont été redirigés vers le CRD de Jonquière, qui n’offre pas de thérapie en cyberdépendance.

 

Ressources limitées au Québec

 

Les ressources en cyberdépendance sont très réduites au Québec. Il y en a un peu moins d’une dizaine éparpillées à Québec et à Montréal. Le reste des villes ayant un CRD peuvent offrir en général une certaine aide, mais sans être spécialisés en cyberdépendance. Tout cela pourrait être expliqué par le manque de données et de recherches sur la cyberdépendance. « On le sous-estime. On n’a pas beaucoup de recul », précise une consultante en cyberdépendance, Marie-Josée Michaud.

 

Selon les données de l’Enquête québécoise sur le tabac, l’alcool, la drogue et le jeu chez les élèves du secondaire (ETADJES) réalisée en 2019, près d’un élève sur cinq rapporte avoir souvent ou très souvent de la difficulté à s’arrêter lorsqu’il est connecté à Internet. Les principaux impacts reliés à cette condition sont notamment le manque de sommeil et dans des cas extrêmes, des négligences physiques et en matière de santé. Il s’agit donc d’une priorité de sensibiliser les jeunes et les parents dans les prochaines années, selon les deux expertes interrogées. « La première étape, c’est l’éducation », conclut Mme Beaulieu-Pelletier.

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