Le député fédéral Mario Beaulieu en mission défense de la langue française au Cégep de Chicoutimi

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Mario Beaulieu aux côtés des membres de l’association étudiante du Cégep de Chicoutimi, après sa conférence, mardi. Photo : Théo Laroche


Le député fédéral du Bloc québécois Mario Beaulieu a poursuivi sa tournée au Cégep de Chicoutimi ce mardi pour sensibiliser les étudiants aux conclusions de son étude sur le soutien de l’anglais au Québec, sortie en octobre. Elle démontre que le gouvernement fédéral finance à coup de milliards de dollars l’anglicisation de la province, au détriment du français.

L’élu de La Pointe-de-l’Île tient à « sonner la clochette d’alarme » face à une langue menacée. « Ceux qui pensent que la langue française se porte bien au Québec, levez la main. » La cinquantaine d’étudiants dispersés autour de petites tables ne bronche pas. Le député tente autrement. « Ceux qui pensent que la langue française est menacée, levez la main. » Forêt de bras tendus.

Poutine et cartes prépayées

Pour les attirer, Mario Beaulieu a gâté les étudiants. À l’entrée de la cafétaria, d’immenses bacs de poutine les attendent. « On a peut-être prévu un peu trop », concède la préposée au service. À l’issue de la conférence, trois cartes prépayées ont également été tirées au sort.

« Il faut rencontrer les étudiants, les intéresser », martèle M. Beaulieu. Tâche d’autant plus ardue dans le bastion saguenéen, « où le français n’est pas vraiment menacé », dit-il encore.

« Assimilation ou indépendance »

En novembre 2023, l’étude « Quand le fédéral finance l’anglicisation du Québec » de M. Beaulieu, qui s’appuie sur les comptes publics, dévoile un chiffre : 2,08 milliards de dollars, soit la somme attribuée par le gouvernement fédéral à des établissements anglophones depuis 1995, incluant des groupes de pression. Une « aberration dans un contexte de déclin du français », clame le député.

Les étudiants ont écouté religieusement M. Beaulieu dérouler son exposé, où il est notamment revenu l’oppression historique de la langue française au Québec par les gouvernements fédéraux successifs. Il a fustigé la loi sur les langues officielles, qui oblige le fédéral à défendre la langue minoritaire au Québec. Il estime que c’est le français, encerclé par les anglosaxons, qui devrait être protégé et non l’anglais. « C’est avec nos impôts fédéraux que la langue anglaise est soutenue ! », a-t-il rappelé. Il a également critiqué le manque de transparence « sournois » du gouvernement fédéral.

Selon le député, le Québec devrait pouvoir être souverain concernant sa langue. Compte tenu de la réalité politique, les Québécois sont désormais confrontés à un choix : « l’assimilation ou l’indépendance. »

Trouver de l’écho « par effet boule de neige »

C’est l’Association étudiante du Cégep de Chicoutimi qui a organisé la réunion, dans un climat favorable, selon son président, Jacob Parisé. « Les étudiants reconnaissent le sujet de la préservation du français comme étant majeur », estime-t-il.

Justine Desmeules étudie dans le domaine de la santé. Elle a écouté attentivement la conférence. « C’est insultant qu’à Montréal, des infirmiers ne soient pas capables de t’apporter un service en français. Il est quand même question de notre vie », tonne-t-elle. Un sentiment partagé par Emile Gagnon. « Un ami à moi a été ridiculisé parce qu’un serveur n’a pas voulu prendre sa commande dans un restaurant de Montréal. »

À l’issue de la conférence pourtant, c’est le député qui, venue la période de questions, est contraint de relancer une assemblée restée muette. Les étudiants ont semblé préférer s’entretenir en petit comité avec l’élu, en marge de son intervention. « Les jeunes veulent le plaisir. Voir les problèmes du futur ne les intéresse pas », tente d’expliquer Emile Gagnon. « Je pense que beaucoup sont venus pour la poutine », s’amuse une autre étudiante.

Mario Beaulieu poursuivra sa tournée en ciblant les universités et les jeunes, sur qui il espère compter. Il continuera à porter l’enjeu de la protection du français « pour créer un effet boule de neige », et s’appuiera prochainement sur un recours qu’il portera à l’ONU, espérant profiter de sa visibilité.

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