Centre féminin du Saguenay : Un manque de personnel et de financement à combler

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Chambre adaptée

Les 13 lits dont dispose le Centre féminin du Saguenay sont souvent à pleine capacité, surtout depuis les dernières années. / Crédit photo : Marie-Claude Bouchard

Le Centre féminin du Saguenay aurait besoin de plus de financement pour répondre à une clientèle grandissante, mais surtout différente. Ayant comme objectif premier d’offrir des services d’aide aux femmes victimes de violence conjugale, l’organisme accueille maintenant davantage d’itinérantes. 

Olivier Boivin

Déçue du financement offert aux centres d’aide partout au Saguenay-Lac-St-Jean, un rehaussement prochain des subventions ne serait pas de refus selon la directrice du Centre féminin du Saguenay, Marie-Claude Bouchard. « On a besoin d’un rehaussement [par le biais du programme soutenant les organismes communautaires] pour offrir de meilleures formations et des possibilités de remplacement pour nos intervenantes. »  

Le centre aurait besoin de trois intervenantes à temps plein supplémentaire pour répondre à cette nouvelle demande. « Imaginez la difficulté logistique quand c’est le temps de remplacer en cas d’absences », exprime la directrice du Centre féminin. 

Une courbe qui se maintient… avec de nouveaux problèmes 

Depuis quelques années, le taux d’occupation des lits au Centre féminin du Saguenay frôle les 100% chaque semaine. Les statistiques ne semblent peut-être pas changer, mais les enjeux sont différents, relate Marie-Claude Bouchard. « Oui ce sont les prix et le manque de logements qui font mal, mais il y a un phénomène aussi qui n’est pas à négliger et c’est l’itinérance. »

La salle à manger du Centre féminin du Saguenay est une aire commune où les activités de groupe peuvent entre autres s’organiser. / Crédit photo : Marie-Claude Bouchard

Malgré tout, pas question de baisser les bras. L’organisation s’adapte pour accélérer l’accès aux services d’intervention en offrant maintenant des rencontres de groupe qui s’inspirent du modèle des Alcooliques Anonymes. « On veut que les victimes puissent s’offrir des conseils en groupe […] on peut parfois penser qu’on est faible, mais quand on réalise qu’on n’est pas seul, ça change complètement la donne, cite la directrice du Centre féminin du Saguenay. On cherche à éteindre les feux du mieux qu’on peut. » 

Et pour la suite des choses ?

Les listes d’attente pour les services externes restent imposantes, mais la possibilité de référer sur le territoire à d’autres maisons d’hébergement reste toujours une solution. Il faut toutefois éviter de jongler trop longtemps avec un dossier, car chaque minute compte. « Nos organismes et le gouvernement doivent assurer un filet de sécurité. Des féminicides de tout âge peuvent arriver, et avec une hausse du nombre de divorces, vient aussi une hausse de dangerosité de potentiels féminicides », rappelle Marie-Claude Bouchard. 

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