De plus en plus de jeunes portent la permanente

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Les bigoudis sont laissés plusieurs heures dans les cheveux pour créer des boucles sans chaleur. (Photo Laurence Richard) 

La permanente, souvent associée aux femmes âgées, connait un succès depuis quelques années auprès d’un public plus jeune, soit les adolescents. Malgré sa popularité, cette coiffure peut être dommageable pour la santé des cheveux. 

Laurence Richard 

lauric8686@gmail.com  

Jérémie Rondeau porte les frisotis depuis plus d’un an. Il affirme avoir été influencé par son entourage lorsqu’il a commencé à adopter cette coupe de cheveux. « J’avais un ami qui en avait une. Je me suis dit que ça lui allait bien, donc je voulais essayer moi aussi. La première a été manquée, mais celles d’après ont mieux été faites, donc c’est pour ça que j’en porte une encore aujourd’hui », partage-t-il. 

La coiffeuse Nadia Janelle affirme avoir eu des demandes de permanentes chez des clients très jeunes. « Ce sont beaucoup les adolescents qui me demandent des permanentes et même plus jeunes encore. J’ai des garçons de la 5e et de la 6e année du primaire qui viennent me voir pour avoir cette coiffure-là », assure-t-elle. 

Une affaire de réseaux sociaux 

Le retour en force de la permanente peut être associé à l’avènement des réseaux sociaux. Sur l’application TikTok, la mot-clic « menperm » (permanente pour hommes) compte plus de 42 millions de vues. Pour Nadia Janelle, il s’agit d’un phénomène qui provient des sportifs. « Je pense que ça vient des joueurs de hockey. Ça m’arrive souvent qu’un jeune vient me voir, qu’il me montre des photos de joueurs de hockey qui ont tous les cheveux frisés et qu’il me dit qu’il veut avoir la même coiffure », affirme-t-elle. Des joueurs dans les grandes ligues comme Maveric Lamoureux ou Michael Pezzetta portent les frisotis. 

Amie ou ennemie? 

La permanente consiste à enrouler les cheveux dans des bigoudis très serrés et de les imbiber par la suite de produits chimiques pour fixer la boucle de façon qu’elle reste frisée de 6 à 8 semaines. La coiffeuse et cosmétologue en santé des cheveux, Melanie Laventure Potvin, avance que cette technique peut être nocive pour la santé des cheveux. « Ça reste qu’on appelle ça une technique chimique. On vient avec un produit chimique changer la texture et la forme du cheveu. C’est un produit qui va pénétrer dans le cortex du cheveu, donc ça vient, jusqu’à un certain point, l’abîmer. » 

De son côté, Nadia Janelle ne voit pas beaucoup de danger à ce genre de coiffure. « Les hommes, ils ont les cheveux courts. On les coupe souvent, donc c’est moins dommageable que si c’était une fille avec les cheveux longs », explique-t-elle.

Le fer à friser peut être une alternative non permanente aux cheveux bouclés. (Photo Laurence Richard) 

Rétro versus moderne 

La permanente a atteint le sommet de sa popularité dans les années 80 lorsque des grandes vedettes comme Whitney Houston, Michael Jackson et Dolly Parton portaient les frisotis. Selon Melanie Laventure Potvin, les produits capillaires ont parcouru beaucoup de chemin depuis ce temps. « Aujourd’hui, les produits sont vraiment bien faits. Il y a 40 ans, c’était vraiment beaucoup plus dommageable et c’était une chose très commune que les cheveux soient complètement brûlés. Présentement, les produits ont beaucoup changé. Oui, les permanentes vont changer la texture des cheveux, mais il y a beaucoup d’ingrédients qui font en sorte qu’en même temps, on leur fait attention », soutient-elle. 

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