« Qui va être le meilleur pour dealer avec M. Trump ? »

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En date du 9 mars 2025, la projection de vote des élections canadiennes, selon le site Qc125, est de 39 % pour les conservateurs et de 33 % pour les libéraux (Photo : Pexels)

« Jusqu’ici, la question de l’urne était : êtes-vous tanné de Justin Trudeau ? Maintenant, la question sera : qui va être le meilleur pour dealer avec M. Trump ? », rapporte le journaliste et ancien sénateur canadien, André Pratte. Selon lui, l’idée du 51e État de Donald Trump compliquera la tâche du futur premier ministre du Canada.    

Dans les derniers mois, les sondages étaient péremptoires. Le Parti conservateur du Canada (PCC) avait une confortable avance pour les élections fédérales. Cependant, le vent a changé de côté avec les nouvelles idéologies du président américain. « Les libéraux se dirigeaient vers un échec certain et maintenant leurs chances sont ravivées par le contexte actuel », mentionne celui qui a été co-président du comité de la relance du Parti libéral du Québec, André Pratte. « Au début, les gens prenaient son histoire du 51e État comme une blague, mais il l’a répété plusieurs fois et les gens qui lui ont parlé, y compris Justin Trudeau, disent que c’est sérieux et que Trump souhaite vraiment annexer le Canada et en faire le 51e État », rajoute-t-il.

André Pratte a été nommé sénateur indépendant par le premier ministre libéral, Justin Trudeau, en 2016 (Photo : Parlement du Canada)

Depuis le début de l’année 2025, plus d’une cinquantaine de sondages en lien avec les élections fédérales ont été publiés sur le Web. Selon le site 338Canada, en début février, le PCC avait une longueur d’avance sur le PLC et dans les dernières semaines, l’écart entre les deux s’est resserré.

Selon l’enseignant en science politique à l’UQAC, Étienne Roy-Grégoire, les propos tenus par Trump sont une cause du déclin du PPC. « Si le gouvernement Trump et les gens qui gravitent autour de lui pensaient favoriser l’élection d’un gouvernement conservateur au Canada, ils sont vraiment en train de manquer leur coup. »  

Une menace pour le Canada

D’après le professeur en science politique, la majorité des citoyens canadiens se sentent intimidés par les propos du président américain. « Les Canadiens et les Québécois voient les politiques américaines comme une menace et c’est expliqué par les sondages des libéraux. » Selon l’ancien sénateur, un lourd conflit s’est installé entre les deux pays. « Nous sommes en période de guerre. C’est une guerre commerciale et non militaire, mais c’est une guerre quand même, et en période de guerre, les gens se rallient derrière leur pays et c’est ce qui se passe actuellement. »

Étienne Roy-Grégoire a obtenu un doctorat en science politique à l’Université d’Ottawa en 2019 (Photo : Université du Québec à Chicoutimi)

Un pas en arrière aux États-Unis

Sur le plan environnemental, la première puissance mondiale est, selon le site Statista, classée comme étant le 12e pays avec l’émission de CO2 par habitant le plus élevé. Avec le retour de Donald Trump au pouvoir, M. Roy-Grégoire croit que les progrès des dernières années ne risquent pas de s’améliorer.

 « Ça reconfigure et ça bouleverse tous les efforts que les sociétés des différents coins du monde font pour développer des stratégies réfléchies, délibérées et rationnelles […] On n’avait déjà pas le luxe de quatre années d’inaction, alors on n’a sûrement pas le luxe de quatre années de recul. »

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