Les Ambitieuses : vers les métiers d’avenir

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Vony Randrianonenana (à gauche) fait la promotion du parcours des Ambitieuses dans les écoles secondaires de la région. (Photo : Les Ambitieuses – Facebook)

Audacieuse, curieuse et toujours prête à relever des défis : voilà ce que représente une « Ambitieuse » chez COlab Innovation sociale et culture numérique à Alma, au Lac-Saint-Jean. Depuis 2020, l’organisme a mis sur pied un parcours parascolaire destiné aux filles du secondaire, visant à développer leurs compétences numériques et leur plein potentiel dans des métiers d’avenir.

Le programme est présentement offert dans quelques écoles secondaires au Québec. Il existe près d’une vingtaine de cohortes. « L’objectif est d’accroître la présence des femmes dans les domaines largement masculinisés, notamment ceux des sciences, des technologies, des ingénieries et des mathématiques (STIM) ainsi que l’entrepreneuriat », explique la chargée de projet des Ambitieuses chez COlab, Vony Randrianonenana.

Le parcours est flexible et peut être mis en œuvre à tout moment durant l’année scolaire, selon la réalité et les besoins de l’école. Il est divisé en trois blocs et pour un total de 20 séances.

Les activités comprennent notamment des ateliers pratiques, théoriques et réflexifs, ainsi que des capsules vidéos avec des modèles inspirants afin de stimuler les jeunes filles dans la découverte des carrières du futur, du numérique et dans le développement d’un projet entrepreneurial.

Au-delà des apprentissages, le parcours accorde une place centrale au développement de la confiance en soi. Il valorise les idées, la créativité et le leadership des participantes, en leur offrant un espace sécurisant pour oser, expérimenter et prendre leur place.

La directrice du CJE Saint-Hubert est venue parler de son parcours de femme accomplie aux Ambitieuses de son école. (Photo : Facebook)

Les Ambitieuses font du chemin !

L’école secondaire Mgr. A-M Parent, à Saint-Hubert, a créé sa première cohorte en septembre dernier.

Sur place, les conseillères en réussite éducative du Carrefour jeunesse-emploi (CJE), Joanie Hébert-Hamel et Myriam Blanchette ont pris les choses en main pour faire connaître le projet, notamment par des kiosques dans l’école, et la collaboration des enseignants en sciences.

Elles ont réussi à former un noyau de treize étudiantes qui ont décidé ensemble de leurs objectifs. « Elles ont choisi de développer leurs habiletés en communication, pour être moins gênées et être capables de parler devant un groupe », indique Joanie Hébert-Hamel.

La conseillère a observé chez ses étudiantes une progression de la confiance en soi. « Le fait d’évoluer dans un environnement exclusivement féminin est sécurisant : elles ne se sentent pas jugées et se sentent à l’aise de s’exprimer », confirme Joanie Hébert-Hamel.

 

Le 25 septembre 2025, les conseillères en réussite éducative du CJE Joanie Hébert-Hamel et Myriam Blanchette ont officialisé leur première rencontre avec leurs Ambitieuses. (Photo : Joanie Hébert-Hamel)

 

Du côté du Collège Mont Notre-Dame de Sherbrooke, l’enseignante en science, Christine Cantin a eu le feu vert de sa direction pour entamer sa première cohorte à l’automne dernier.

Ses Ambitieuses ont récemment testé des bananes avec  l’IA. « L’expérience consistait à entraîner une intelligence artificielle pour qu’elle puisse faire la différence entre une banane verte, une banane mûre et une trop mûre en lui fournissant des photos et ensuite de tester l’entraînement avec des bananes, mais aussi avec d’autres fruits jaunes », explique Christine Cantin. Le résultat a permis de conclure que les bananes « placées vers le bas » n’étaient pas reconnues par l’intelligence artificielle.

L’enseignante a reçu que deux inscriptions pour sa première cohorte. « J’ai espoir que lorsque les élèves actuelles vont en jaser, que ça va convaincre les prochaines », soulève Christine Cantin. (Photo : Christine Cantin)

Plus ambitieux encore

À l’automne dernier, seize nouvelles cohortes d’Ambitieuses ont vu le jour dans huit régions du Québec, regroupant près de 171 étudiantes. Depuis janvier, certaines recrutent toujours des jeunes.

« Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, on compte actuellement quatre cohortes, dont deux sont en cours de recrutement », affirme la chargée de projet.

Toutefois, le manque de financement et de personnel dans les écoles représente un enjeu important à la mise en place du parcours. 

« Lors des présentations du projet dans les écoles, on nous mentionne souvent qu’il n’y a pas suffisamment de ressources. Les enseignants sont débordés et les techniciens en loisirs ne sont pas toujours disponibles pour animer le parcours. Mais grâce au soutien du RCJEQ, nous pouvons compter sur l’appui des CJE pour l’animation dans les milieux scolaires concernés », souligne Vony Randrianonenana.

« Notre programme est clé en main, 100 % gratuit. Nous avons des supports visuels et des activités déjà préparées pour que les animateurs soient prêts à animer, explique la chargée de projet. On veut approcher le ministère de l’Éducation pour qu’il puisse nous soutenir et à déployer le projet à l’échelle nationale d’ici 2028. »

Au-delà des écoles secondaires, COlab souhaite éventuellement offrir des activités aux élèves de 5e et 6e année du primaire.

« À cet âge, les filles sont souvent très curieuses et leur permettre d’explorer ce qu’elles pourraient devenir plus tard constitue un réel atout », conclut Vony Randrianonenana.

 

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