La rénovation de l’église d’Arvida suscite des tensions entre les élus

A l’exception de Raynald Simard, tous les conseillers municipaux étaient présents pour cette séance du conseil de Ville. Photo : Louis THUET
Un règlement d’emprunt de 1,7 million de dollars pour la transformation de l’église Sainte-Thérèse d’Arvida a été adopté par le conseil municipal de Saguenay mardi en assemblée publique. Loin de faire l’unanimité, la décision a divisé les conseillers de l’arrondissement de Chicoutimi et ceux de Jonquière.
Déjà propriétaire de la bâtisse (rachetée pour un dollar symbolique en décembre dernier), la Ville s’est donné la mission de transformer cet ancien lieu de culte en un musée retraçant l’histoire de Saguenay.
Une décision qui n’a pas manqué de faire réagir certains élus de l’arrondissement de Chicoutimi qui souhaitaient disposer de temps supplémentaire pour étudier le projet. « Personne n’est contre le projet. {…} Cependant, on parle de l’achat et de la prise en charge d’une église. Je m’interroge sur le plan de gestion qui sera adopté, c’est pourquoi je demande du temps supplémentaire », a souligné Mireille Jean. Finalement, seuls les élus de l’arrondissement de Chicoutimi (à l’exception de Michel Potvin) se sont opposés au vote de ce projet.
Carl Dufour en porte-à-faux lors de la discussion autour de la zone portuaire
Par la suite, les conseillers ont voté un règlement d’emprunt d’un million de dollars, cette fois destiné à l’élaboration d’un plan d’aménagement concernant la place des spectacles de la zone portuaire de Chicoutimi.
Là encore, bien que les élus aient donné en majorité leur accord sur le projet, c’est la manière de l’amener qui a été critiquée. Le président de l’arrondissement de Jonquière Carl Dufour s’est montré assez critique envers la présentation du projet : « Je ne sais pas si la nouvelle méthode du conseil de Ville, c’est de proposer des sujets qui ne sont pas matures, mais ça m’inquiète un peu. »
Les conseillers de l’arrondissement de Chicoutimi, Jacques Cleary en tête, n’ont pas manqué de dénoncer cette intervention de Carl Dufour. Michel Tremblay a notamment mis en cause ce dernier, l’accusant à demi-mot de privilégier l’avancement des projets sur le territoire de Jonquière, aux dépens de ceux situés à Chicoutimi : « Votre malaise dure depuis 15 minutes. Je pense que le vote concernant l’église Sainte-Thérèse a beaucoup joué {…} Des fois, de vous entendre dire que de votre côté les projets avancent bien, en sous-entendant qu’à Chicoutimi on ne travaille pas, ça me tanne un peu. »

Visiblement éprouvé par son accrochage avec Jacques Cleary, Carl Dufour a avoué avoir peiné à suivre la suite du conseil de ville. Photo : Louis THUET
Frais juridiques : l’avis juridique rendu public en partie
Les conseillers municipaux ont décidé de ne pas lever le secret professionnel dans l’affaire des frais juridiques de Julie Dufour, mais se disent prêts à communiquer tous les documents nécessaires à l’étude.
Au moment d’évoquer l’épineux dossier, la mairesse s’est retirée pour laisser Michel Potvin exposer aux citoyens la demande reçue par la Direction des enquêtes et des poursuites en intégrité municipale (DEPIM) de la Commission municipale du Québec.
L’instance juridique demandait la levée du secret professionnel de la Ville afin que l’avis juridique statuant du remboursement des frais de la mairesse soit rendu public. Finalement, les conseillers ont décidé de rendre cet avis juridique en partie public, sous la forme d’un document caviardé.
Les élus se sont dit unanimement à l’aise pour communiquer tous les documents nécessaires à la décision de la DEPIM, mais certains émettaient des doutes quant à la levée du secret professionnel. « La DEPIM peut demander d’autres documents, mais je ne suis franchement pas à l’aise dans l’idée de lever le secret professionnel », a assuré Jimmy Bouchard.






