Séance tumultueuse à Chicoutimi

330
0
Share:

Un point pour autoriser la construction d’un bâtiment multifamilial a causé des échanges musclés au conseil d’arrondissement de Chicoutimi ce matin. La construction d’un bloc situé au 1073 Boulevard Saguenay Est a suscité des réactions chez les citoyens du secteur.

Le comité consultatif en urbanisme de la Ville de Saguenay (CCU) a reçu des dérogations demandées par un promoteur pour construire un bâtiment qui se prolongerait du 1073 au 1077. Les demandes concernaient la marge avant, la hauteur qui allait dépasser d’un mètre celle requise, un nombre de stationnements plus petit que celui obligé ainsi que la marge latérale. Le CCU a recommandé d’accepter ces dérogations à l’exception de la marge latérale.

 « C’est un mur que vous construisez »

Pour le propriétaire d’un immeuble avoisinant, Mathieu Boivin, la construction de ce bâtiment dérangerait la vue de ses locataires. Selon lui, quatre de ses six locataires perdront une bonne partie de la vue sur la rivière Saguenay. La conseillère municipale du district 8 et présidente du CCU, Mireille Jean, s’est défendue que ce n’est pas l’ensemble global du projet qui est étudié mais bien les dérogations demandées. Le comité juge que le bâtiment est assez loin de la rive pour qu’il n’ait pas à faire quelconque intervention.

L’intersection devant le 1073 Boulevard Saguenay E. (Courtoisie : Google)

Pour sa part, Mathieu Boivin mentionne qu’il s’oppose aux dérogations et qu’il « va prendre en compte chaque petite différence à son avantage », jugeant que tout est présentement contre lui. Il s’est plaint devant le conseil que ça ne change rien aux conseillers, mais que pour lui, c’est 18 mois de construction sur son terrain et une visibilité réduite. Il aimerait que le projet, qu’il juge « contraignant », s’adapte aux règles déjà en place et appelle au respect des limites préétablies par la municipalité.

Un autre citoyen voisin du projet déplore ce mur qui va se construire devant chez eux. « Je ne comprends pas. C’est moi qui vais vendre je pense […] je vais avoir eu 40 ans de bonheur là mais je vais vendre », a dit William Amiot en concluant sa plaidoirie sur ces fortes paroles.

Un retour du conseil

Dans une entrevue offerte à posteriori à La Pige, Mireille Jean affirmait que ce n’était pas les dérogations qui étaient hors normes, mais qu’il s’agissait simplement de citoyens malheureux de voir un terrain se construire là où ils sont habitués à ne rien voir. Elle est revenue sur la dérogation qui visait à agrandir la marge latérale au-delà du maximum, elle a affirmé que « considérant les voisins, on avait refusé ».

La dérogation a finalement été proposée sans modification par le conseiller Marc Bouchard et secondé par Michel Potvin.

Share:
Avatar photo