Les CPE vers une grève générale illimitée?

Les éducatrices présentes à la manifestation ont scandé « solidarité » pour démontrer leur soutien entre elles. (Photo : Laurence Richard)
Environ 13 000 travailleuses des centres de la petite enfance (CPE) affiliés à la Confédération des syndicats nationaux (CSN) sont en grève ce mardi et mercredi partout au Québec. Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, ce sont les éducatrices de 31 CPE qui manifestent dans les rues.
Il s’agit des quatrième et cinquième journées de grève nationale pour les centres de la petite enfance du Québec. Mardi matin, plusieurs éducatrices se sont rassemblées à la place du Citoyen à Chicoutimi pour remettre une lettre à la mairesse Julie Dufour. Elles souhaitent avoir son soutien pour augmenter la pression sur le gouvernement dans le cadre des négociations.
Parmi les demandes des éducatrices, on compte notamment une charge de travail moins lourde et des mesures pour améliorer la qualité des services aux enfants. Selon l’éducatrice à la petite enfance depuis près de 30 ans Marie-Ève Gagnon, les syndicats revendiquent également un meilleur soutien pour les enfants ayant des besoins particuliers. « Avant, dans chacun des groupes, on avait peut-être un enfant à besoins particuliers par CPE, alors que maintenant, c’est 1 à 2 par groupe. La clientèle a beaucoup changé, on a besoin d’appui pour engager des éducatrices spécialisées pour nous aider. Plus on intervient tôt auprès des enfants, meilleur est le résultat est lorsqu’ils rentrent à l’école. »
Une possibilité de grève générale illimitée
La CSN représente plus de 80% des travailleuses syndiquées dans les CPE au Québec. Mercredi, les membres vont voter à savoir si une grève générale illimitée devrait être déclenchée. Pour l’éducatrice Marie-Ève Bouchard, la question ne se pose même pas. « Je suis prête à aller jusqu’au bout. Je pense que les membres sont prêts aussi. On tient le réseau à bout de bras, on veut avoir de meilleures conditions de travail, on veut du soutien pour les enfants. Le travail est difficile, même si c’est le plus beau métier du monde », a-t-elle déclaré.
« On veut de la relève »
Les éducatrices souhaitent aussi une meilleure rémunération pour attirer les futurs employés des centres de la petite enfance. « Les CPE de la région font face à de nombreux défis et ce que le gouvernement propose est loin d’être suffisant pour convaincre les travailleuses de venir y œuvrer et encore moins pour persuader celles qui y sont de rester », a exprimé par communiqué la vice-présidente régionale de la Fédération de la santé et des services sociaux-FSSS-CSN, Hélène Brassard.






