Le chef d’orchestre ou celui qui donne le la

Johann Stuckenbruck a étudié la direction d’orchestre à la Royal Academy of Music de Londres. (Photo : Sophie Lavoie)
On pense souvent à tort que le chef d’orchestre ne fait qu’agiter ses bras lors d’une représentation musicale. Pourtant, il y a bien du travail derrière ce geste emblématique.
« La direction est une énigme », témoigne le nouveau chef de l’Orchestre symphonique du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Johann Stuckenbruck. Selon lui, son rôle est presque indéfinissable. Il doit préparer, diriger le processus de répétition au cours duquel il façonne la musique qu’il interprète avec ses musiciens.
Si ses mouvements de mains peuvent sembler aléatoires à un œil non averti, ils permettent de faciliter, d’unifier et d’enrichir la performance de l’orchestre. Quand, comment, à quelle vitesse jouer sont les informations communiquées par le maestro. « Les mouvements peuvent même avoir un effet psychologique sur un orchestre et influencer le résultat sonore », explique-t-il. Ils façonnent le caractère, le son, le volume et le timbre de ce que jouent les musiciens.
Entre les répétitions et les représentations, Johann Stuckenbruck passe du temps à étudier les œuvres choisies. Quand vient le temps des performances, le rythme s’accélère. « Il y a parfois sept semaines de répétitions quotidiennes et une série de représentations tous les deux jours, pour l’opéra par exemple », détaille-t-il. « Entre la première répétition et la performance, le délai peut varier de quatre heures à deux mois et demi ».
Son métier le fait aussi beaucoup voyager, prendre l’avion pour l’autre bout du monde ou aller simplement d’une ville à l’autre. « Le décalage horaire peut devenir une caractéristique habituelle de la vie », confie-t-il.
Le chef d’orchestre, un indispensable pour les musiciens ?

En plus d´être violoniste pour l´Orchestre symphonique du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Jeanne-Sophie Baron est également enseignante au Conservatoire de musique de Chicoutimi (Photo : Chris McMillan)
« C’est comme notre metteur en scène si on était au théâtre ou notre général si on était à l’armée », sourit Jeanne-Sophie Baron, membre de l’Orchestre symphonique du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Dans son quotidien de violoniste, le chef d’orchestre lui est très utile. « Tous les musiciens ensemble on est trop de cerveaux, Johann nous permet de nous organiser », décrit-elle.
Le maestro sert de métronome aux musiciens, c’est sur lui que l’harmonie générale repose. « Souvent on est tellement concentrés à jouer nos notes qu’on ne peut pas tout écouter dans la globalité, donc lui va avoir cette écoute globale, un peu comme un arbitre, et faire ses ajustements », explique Jeanne-Sophie Baron. Le chef d’orchestre se charge de la balance des sons, si l’un des instruments joue trop fort ou pas assez, il va le remarquer et le corriger.
Son expression faciale aide aussi les musiciens à interpréter l’œuvre. « S’il veut qu’on joue quelque chose de très articulé, avec une certaine émotion, un peu plus doucement, il va interpréter avec tout son corps et ça nous donne l’énergie de jouer de cette façon-là », assure-t-elle.






