Le Vieux Couvent : une histoire de communauté

Le Vieux Couvent de Saint-Prime a une capacité d’accueil de 130 personnes assises et environ 250 debout. (Crédit : Sandra Raymond)
Il est 19 h 58. Le spectacle des Hay Babies est sur le point de commencer au Vieux Couvent de Saint-Prime. Comme chaque soir de concert, une certaine magie règne au cœur du village.
Noël Fortin a travaillé d’arrache-pied pour transformer ce milieu qui était autrefois un couvent en salle de spectacle. En 2001, des groupes de musique se produisent pour la première fois dans ce lieu important pour les résidents de la municipalité.
« Au début, on n’avait pas beaucoup d’argent. Je faisais venir des bands grâce à mon fils Fred Fortin parce qu’il nous a beaucoup aidés là-dedans. Il leur disait : “Allez voir mon père, vous allez voir, c’est plaisant !” Il nous faisait de la bonne publicité ! », se rappelle-t-il.

Certains spectacles attirent une plus grande foule que d’autres, mais c’est un risque calculé selon la directrice générale de l’établissement. (Crédit : Sarah Landreville)
Selon M. Fortin, ce qui attire les artistes aujourd’hui au Vieux Couvent, c’est l’accueil chaleureux qui les attend. Il croit qu’il s’agit de la plus belle manière de faire connaître le lieu dans le monde artistique. « Ça coûte cher peut-être de les recevoir comme du monde, mais c’est le meilleur investissement que tu peux faire. Je suis convaincu ! »
Grâce à la conception et à la superficie du lieu, les artistes ont la chance de vivre une belle proximité avec le public. « Même si tu es assis à l’arrière de la salle, tu es à proximité de la scène pareil », explique Noël Fortin , précisant que plusieurs chanteurs apprécient aussi l’endroit pour son acoustique exceptionnelle.
Après les spectacles, M. Fortin aime accueillir amis et artistes dans son garage pour profiter de la belle soirée. « Moi, j’invite les artistes à venir ici parce qu’avant, on allait à l’hôtel, mais on se faisait agacer. Donc on a commencé à venir ici et les gens ont trouvé ça cool ! Aujourd’hui, les gens me demandent toujours s’ils vont avoir le droit de venir dans le garage. »
Des bénévoles importants
Dans cette petite salle du Lac-Saint-Jean, il n’y a presque aucun employé. L’établissement dépend entièrement de ses fiers bénévoles, présents soir après soir.
C’est un rôle qu’assument Caroline Lavoie et Rachel Perron depuis plusieurs années déjà. « C’est important, mais je ne le ferais pas si je n’aimais pas ça. La gang est vraiment le fun ! », explique Mme Lavoie. « J’aime ça, je suis toujours à l’accueil. Ça me permet de parler aux gens et de rester jeune ! », ajoute Mme Perron.
L’impact d’une directrice générale
La directrice générale du Vieux Couvent, Marie-Ève Guy, affirme que le budget et le financement représentent les défis principaux de l’établissement. « On a quand même pas mal de subventions, mais c’est certain qu’on finit toujours avec un budget serré. »

Plusieurs photos des sœurs de l’ancien couvent sont affichées à l’intérieur du bâtiment en guise d’héritage. (Crédit: archives du Vieux Couvent)
Depuis son arrivée dans l’organisation il y a 13 ans, Mme Guy a permis au Vieux Couvent de se développer de manière exponentielle. Avant elle, il n’y avait aucun employé à temps plein. La gestion de la salle était assurée par un comité de bénévoles qui se donnait corps et âme.
Alors qu’il y avait autrefois entre 10 et 12 spectacles par année, il y en a aujourd’hui environ deux ou trois par semaine. « C’est tellement un beau milieu. Je suis tombée dans un endroit avec tellement de possibilités ! J’ai développé des projets et la programmation. Encore après 13 ans, je vois plein de possibilités à développer », explique Marie-Ève Guy, le cœur léger.






