Courir à l’adolescence : une bonne idée ?

Certains jeunes ont tendance à imiter les comportements de leurs parents au lieu de privilégier leur propre plaisir. (Photo: Patrick Mainville)
En septembre dernier, Nalya Pikulik Brunet a fait les manchettes en complétant à Montréal son troisième demi-marathon à l’âge de…12 ans. Contrairement à ce que les spécialistes ont longtemps dit, de nouvelles études démontrent aujourd’hui qu’il n’y a pas de réels risques pour le corps de courir d’aussi longues distances à un jeune âge.
« Avant, on disait de ne pas faire ça, mais aujourd’hui, on a fait beaucoup d’études sur le sujet et on a réalisé qu’il n’y avait vraiment pas de problème », explique le physiothérapeute Michel Rivest, adepte de course depuis longtemps. Une étude publiée en 2020 démontre aussi qu’un plan d’entrainement structuré peut aider les adolescents à développer leur estime personnelle.
Cependant, avant l’âge de 18 ans, M. Rivest précise qu’il est préférable de développer les habiletés techniques d’un jeune athlète. « L’endurance, on l’acquiert de façon normale en vieillissant, et l’âge plus optimal pour la travailler, c’est beaucoup plus après 18 ans. »
C’est aussi la philosophie du club de course Jakours Athlétisme à Saguenay. Un entraineur a spécifié que les jeunes coureurs développent leurs qualités de vitesse et de coordination, et non leur capacité de course de longue endurance.
M. Rivest explique aussi que le risque de blessure chez l’adolescent en développement est plus grand, car le corps est plus fragile. « Dans les périodes de forte croissance, il faut être plus prudent au niveau de la progression. Même chose après un certain âge : on récupère moins bien, donc il faut faire attention », explique-t-il.

Plusieurs coureurs dépassent leurs limites personnelles dans le seul but de terminer la course.
(Photo : Clara Mainville)
Les jeunes athlètes sont aussi à surveiller, car les cas de surentraînement ne sont pas si rares. « On peut penser à des jeunes qui se blessent souvent, des courbatures qui se prolongent au-delà de ce qui est normal ou encore un arrêt complet des règles chez les jeunes filles. Ce sont tous des signes de surentraînement », développe le physiothérapeute.

Michel Rivest est lui-même un coureur passionné depuis longtemps.
(Photo : Catherine Beauchemin)
Selon lui, le plaisir doit être au cœur de la décision de l’adolescent. C’est d’ailleurs ce qui a motivé l’étudiante en physiothérapie Dorothée Bélair à courir son premier demi-marathon à l’âge de 16 ans. « J’avais couru 15 kilomètres et j’avais besoin d’un plus gros défi ! Je me suis dit : je vais faire un demi ! » se remémore-t-elle.

Dorothée a couru un deuxième demi-marathon plus tôt cette année et a participé à un triathlon l’année dernière.
(Photo : Courtoisie)
Dorothée n’avait jamais couru de demi-marathon avant le jour de sa course. Durant ses pratiques, elle courait généralement des 15 kilomètres ou moins. Elle se rappelle avoir été très fière de compléter le trajet en entier.






