Conférence « Les écrans et nos enfants » : trouver des solutions dans la bienveillance

Julie Parent et Sarah Hamel ont sorti en avril 2025, un livre intitulé Les écrans et nos enfants (Photo : Mathilde Bellon)
La psychoéducatrice Sarah Hamel et l’orthophoniste Julie Parent proposent une approche en douceur et des solutions concrètes pour réduire les impacts des écrans sur les enfants. C’était le thème de la conférence « Les écrans et nos enfants : comment les gérer sans virer fou ? », présentée à la bibliothèque de Chicoutimi, jeudi.
Le livre Les écrans et nos enfants, qu’elles ont coécrit, est né d’une préoccupation commune. « C’est un sujet qui est sensible puis qui pointe des comportements parentaux, explique Julie Parent. Certains parents ont de la culpabilité. Donc on a voulu ensemble adresser la question de façon sensible, précise et bienveillante. »
Les impacts
Au-delà des impacts sur la santé physique déjà documentés par d’autres experts, les deux spécialistes abordent deux incidences majeures : les incidences sur le développement langagier et sur le développement cognitif.
L’orthophoniste auprès d’enfants en bas âge, Julie Parent, remarque chez les petits exposés aux écrans et à du contenu de moindre qualité, « des délais d’émergence [plus importants] donc des enfants qui parlent plus tard ou qui parlent moins que ce qui serait attendu pour l’âge. » Cela concerne des enfants exposés de manière précoce [entre zéro et trois ans] et intense [trois à quatre heures par jour], mais ces difficultés persistent par la suite.
Cognitivement, le principal problème des écrans est qu’ils procurent de la « dopamine facile ». C’est comme si un fort sentiment de bien-être était donné au corps instantanément, et que les autres activités de la journée, l’apprentissage en classe entre autres, perdaient de l’intérêt.
Parents inquiets
Des parents d’enfants âgés de zéro à 12 ans étaient présents avec plein de questions. Tant mieux, car les expertes s’intéressent à l’impact des écrans de la naissance à l’adolescence comprise. « Ne baissez pas les bras avec vos ados », lance Sarah Hamel à la fin de la conférence.
La maman de deux enfants de six et quatre ans, Mélissa Jane Gauthier, est surtout préoccupée par la réaction de ses enfants face à l’arrêt du temps d’écran et la fuite émotionnelle. Ce qu’elle apprécie dans l’approche des co-auteures, ce sont les solutions « applicables au quotidien de parent », qu’elles apportent.
Son petit garçon est hypersensible et elle aimerait réussir à le faire décompresser autrement. À ce sujet, Sarah Hamel, explique que les écrans empêchent la maturation affective, c’est-à-dire le fait d’accepter ses émotions et de les vivre en étant accompagné. En effet, ils deviennent un endroit facile où se réfugier, mais l’experte rappelle que le réel réconfort se trouve dans les interactions sociales.
Des solutions existent !
L’objectif n’est pas de supprimer complètement les écrans, mais de réduire les méfaits. C’est ce que Mme Gauthier met en place. « On a déjà appliqué le fait qu’il n’y en a pas le matin, puis on essaye de limiter le plus possible les soirs d’école », rapporte-t-elle.
Il y a une nécessité d’être dans la discussion et la curiosité pour comprendre les besoins, les intérêts et les enjeux des enfants quant à leur relation avec les écrans.
Le covisionnage, la présence d’écrans dans les aires communes ou le réinvestissement du contenu visionné, faisaient aussi partie des nombreuses solutions apportées par les conférencières.






