Révolte de la Gen Z : des échos jusqu’au Saguenay

701
0
Share:

Des manifestants en soutien aux Malgaches, le 27 septembre à Chicoutimi. (Photo : Facebook). 

Même s’ils se retrouvent à des milliers de kilomètres des révoltes de la génération Z, la Malgache Sonya Esparon et le Marocain Amine Boubechra suivent avec attention les manifestations et révoltes menées en septembre dernier dans leur pays d’origine. 

À Madagascar, la génération Z a marché dans les rues de plusieurs villes du pays, comme Antananarivo, Toliara et au nord, à Mahajanga. Sur les réseaux sociaux, cette communauté a montré sa colère quant aux coupures d’eau et d’électricité, ainsi qu’à la corruption systémique. Une vingtaine de personnes ont été tuées par des policiers depuis le début des manifestations, qui ont d’abord été interdites sur la place publique. 

Soudés entre eux, ils ont demandé la démission du président Andry Rajoelina. Le colonel Michael Randrianirina est maintenant au pouvoir et M. Rajoelina a fui le pays. 

Sonya Esparon connaît bien les causes pour lesquelles la population malgache se bat. « Je trouve qu’ils sont courageux, mais qu’ils ont été indulgents. Cette situation existe depuis des années », souligne Sonya, installée à Jonquière depuis 2022.

Elle raconte que sa sœur possède une réserve d’eau et qu’elle était en mesure de prévoir les moments où l’or bleu ne serait plus accessible. Aujourd’hui, cela peut arriver n’importe quand. 

Loin de sa famille, Sonya s’inquiète pour elle. « J’ai peur pour ma sœur, qui vit dans l’Est. Elle est propriétaire d’un bar et elle habite juste en haut. Ça peut arriver à tout moment que les gens décident d’y mettre le feu ! »  

Grâce aux réseaux sociaux, la Malgache reste au courant de la situation. « Inconsciemment, ça touche quand même le moral. C’est mon pays ». D’une voix douce, elle soutient que la beauté de la culture et des paysages, qui attire les touristes chaque année, est gâchée par les problèmes politiques.  

Sonya Esparon est étudiante au Cégep de Jonquière depuis 2022. (Photo : Nayeli Chavez).

Ses plans sont clairs quant à son retour à Madagascar. Selon elle, les manifestations ne sont pas la meilleure solution pour améliorer la situation de sa communauté. « Pour moi, la meilleure façon d’intervenir dans un pays comme le mien, c’est de revenir et créer un organisme à but non lucratif (OBNL) pour aider les gens, sans dépendre de la politique. »  

Du Maroc au Saguenay 

Au Maroc, les manifestations menées par le groupe GenZ 212, entre le 27 septembre et le 9 octobre 2025, étaient des réactions à la suite du décès de huit femmes enceintes admises pour des césariennes, à l’hôpital public d’Agadir.

Selon des vidéos postées sur les réseaux sociaux par les manifestants, plusieurs demandent également que les efforts déployés pour construire des stades de soccer, en vue de la Coupe du monde 2030, soient les mêmes pour la construction d’hôpitaux. Le 18 octobre dernier, les rassemblements ont repris à Rabat. Plus de 600 manifestants ont été détenus, selon le journal Le Monde. 

« Je suis fier de ma génération ». Amine Boubechra est au Saguenay depuis quatre semaines, pour un contrat de travail. Originaire d’El Jadida, au Maroc, le jeune homme de 25 ans a, comme Mme Esparon, raconté que les problèmes dénoncés par les manifestants, tels que la mauvaise gestion du système d’éducation et des services de santé publique, n’étaient pas nouveaux. « Au Maroc, il y a beaucoup d’inégalités sociales et c’était fort probable que des gens allaient sortir dans les rues. »  

Les organisateurs du collectif GenZ 212 ont dit que les manifestations seraient pacifiques. Pourtant, plusieurs citoyens et policiers ont subi des blessures. « J’apprécie ce que font les gens, mais je suis déçu de la violence. Ça me fait un peu mal. Pourquoi on frappe des gens ? Parce qu’ils veulent obtenir leur liberté ? » 

À plus de 5 000 km de distance du Maroc, la seule manière disponible pour Amine de soutenir sa communauté a été à travers les réseaux sociaux, comme Instagram et Discord.  

Amine aimerait pouvoir aller au Maroc, mais le travail l’oblige à rester. (Photo : Nayeli Chavez). 

 

Share:
Avatar photo