Les performances sportives en têtes d’affiche

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Les résultats Strava qui accompagnent ces photos incluent le temps de course, le nombre de kilomètre par minute ainsi que la distance parcourue. Photo : (Julien Thuot) 

C’est au tour de la course à pied et de la randonnée de dominer l’algorithme des réseaux sociaux. À travers les performances, les sommets de montagnes et les égoportraits en sueurs, les influenceurs créent un nouvel intérêt pour ces activités physiques. Cependant, ces publications vont bien au-delà des tendances, elles illustrent des besoins plus profonds.

Les publications : Un stimulant personnel 

Les résultats Strava qui accompagnent ces photos incluent le temps de course, le nombre de kilomètre par minute ainsi que la distance parcourue. Photo : (Julien Thuot) 

« Je me donne un objectif de devoir publier minimum deux fois par semaine un temps Strava. Le fait de publier c’est une source de motivation », a raconté Julien Thuot. L’adepte de sports extérieurs a ajouté que sans visibilité sur les réseaux, il poursuivrait tout de même ces activités, mais avec moins de motivation. 

Pour plusieurs utilisateurs, leurs activités sur les plateformes Instagram ou TikTok servent des objectifs individuels. Sans le savoir, cette motivation peut exercer une influence sur leurs abonnés.  

« Les gens vont venir m’écrire. Ils vont avoir un intérêt pour les endroits où je fais mes randonnées et ils veulent y aller à leur tour. Une semaine plus tard, ils ont publié une image au même endroit dans leur “story “ », a expliqué M. Thuot. « Ça encourage le monde à sortir et à bouger. Si je peux avoir un bel impact sur les gens, ça fait du bien », a-t-il ajouté. 

 Un couteau à double tranchant 

« À la base, les gens ont commencé à être visibles sur les plateformes pour suivre le mouvement des influenceurs. Par la suite, ils ont remarqué des effets sur leur estime », a expliqué l’intervenante en santé mentale Anabelle Larouche. 

« Sur les plateformes comme Instagram, j’ai pu voir des vidéos qui indiquent de bons endroits pour courir. Ça encourage l’entraide entre utilisateurs. Malheureusement, ça peut aussi intégrer un côté négatif à cause des critiques et des commentaires qui viennent sous les publications », a-t-elle ajouté. 

Les interactions sur les réseaux sociaux ne sont pas les mêmes pour tout le monde. C’est l’objectif derrière ces publications qui détermine l’impact sur les gens et c’est à eux d’établir leurs limites. La comparaison est un autre élément qui vient brasser les cartes. 

« En tant qu’humain, c’est naturel de se comparer. Parfois, c’est positif. On se compare pour avoir des objectifs et s’améliorer. En revanche, ça peut aussi jouer sur la confiance et l’image de soi. On peut voir les autres comme meilleurs que soi et se “taper sur la tête “si nos résultats sont inférieurs », a-t-elle raconté. 

Faire ça pour soi 

Les photos de randonnées mettent l’accent sur l’esthétique au lieu des performances. (Crédit photo : Julien Thuot)

Les photos de randonnées mettent l’accent sur l’esthétique au lieu des performances. (Crédit photo : Julien Thuot) 

« Chaque personne suit son propre chemin à sa manière. Ce n’est pas parce que tu ne publies pas tes résultats qu’ils n’ont pas le mérite d’être publiés », indique Mme Larouche. 

« Un influenceur populaire et une personne qui commence son parcours vont avoir des objectifs différents. Un créateur avec plusieurs abonnés va avoir de la pression de la part de son public qui consomme régulièrement son contenu », a-t-elle ajoutée. 

 Les utilisateurs qui ont des buts personnels doivent savoir faire la distinction pour rester concentrés sur leurs objectifs. « Je ne me sens pas mal de publier beaucoup. C’est pour ma santé mentale et physique et je veux projeter ça aux gens », a raconté Julien Thuot. 

 

 

 

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