La chute des partis municipaux à Saguenay ?

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La cheffe de l’Équipe du renouveau démocratique depuis 2024, Christine Basque (au centre), a démissionné de ses fonctions, mardi. (Photo : Archives La Pige)

Les deux partis politiques à Saguenay, l’Équipe du renouveau démocratique et Unissons Saguenay, n’ont fait élire aucun(e) conseiller et conseillère. Les 16 candidats affiliés à ces groupes ont dû s’avouer vaincus dimanche soir.

L’enseignant Pierre Turcotte a également été l’un des invités lors de la soirée électorale en direct produite par La Pige en direct. (Photo : Emma Heriech/Archives La Pige)

Ce sont plutôt les candidats indépendants qui ont fait bonne figure. L’enseignant en science politique du Cégep de Jonquière, Pierre Turcotte, affirme que ce sont un type de candidats de proximité qui connaissent bien les enjeux. « Les citoyens ne veulent pas nécessairement d’un parti qui représente Saguenay, mais ils veulent un candidat qui va représenter Jonquière, Kénogami, Chicoutimi-Nord », ajoute-t-il.

La cheffe de l’ERD Saguenay, Christine Basque, a reçu 6,96 % des voix à la mairie. Bien qu’elle n’ait jamais été favorite dans les sondages, elle s’est entourée de onze autres citoyens pour tenter, ensemble, de rejoindre le conseil municipal. Leurs défaites ne passent pas sous silence. « Si on regarde ça, l’ERD n’aura servi que pour battre l’administration Tremblay, à l’époque de Josée Néron. Plusieurs personnes devront faire un examen de conscience pour savoir si c’est pertinent d’avoir un parti », déclare M. Turcotte. Suite à sa défaite, Mme Basque a même annoncé quitter la vie politique.

S’unir, mais sans obliger

Saguenay est une ville très difficile à gérer. Ses trois arrondissements très éloignés ont toujours un sentiment identitaire malgré la fusion forcée en 2002. Pour qu’un parti fonctionne, il doit y avoir un projet commun qui forcerait la ville à s’unir réellement. « Par exemple, à Québec avec le tramway, tu es pour ou tu es contre, mais on a un projet », précise l’enseignant.

Unissons Saguenay a connu le même genre de soirée que leurs adversaires. Les quatre membres qui se présentaient pour des postes de conseiller ont fini bon derniers après avoir reçu l’appui de 1 500 citoyens au total… sur près de 65 000 votants. M. Turcotte réitère que ces revers peuvent être expliqués par la montée de la droite politique partout dans le monde. « La crise climatique impose un changement drastique. Les gens n’aiment pas ça et seront portés à voter plus à droite parce qu’ils en demandent moins. »

Les partis ont cependant une tout autre valeur ailleurs dans la province. À Québec, par exemple, Québec forte et fière, dirigée par Bruno Marchand, a écrasé la compétition en faisant élire 19 de leurs membres. M. Turcotte indique même que les séances du conseil de Québec et de Montréal sont organisées comme à l’Assemblée nationale, d’où l’importance d’être bien représenté pour mieux faire valoir les idées.

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