Deux ans après son décès, Karl Tremblay unit encore le Québec

Depuis sa création, la Fondation Cowboys Fringants a investi plus de 2 millions de dollars dans plus de 150 projets environnementaux à travers le Québec. Une autre façon de poursuivre l’engagement et l’esprit du groupe. (Photo : Site officiel des Cowboys Fringants)
Deux ans après le décès de Karl Tremblay, le Québec ne l’a toujours pas oublié. Dans les rassemblements, les fêtes et les spectacles, les paroles des Cowboys Fringants continuent de résonner comme un écho à la fois joyeux et nostalgique.
La nouvelle est tombée, le 15 novembre en fin de journée. Un choc malgré les signes évidents de sa santé déclinante. L’instant s’est cristallisé et plusieurs se souviennent encore de ce qu’ils étaient en train de faire à ce moment-là.
« Je pense que ça va rester un sujet qui va émouvoir, parce qu’il est décédé extrêmement jeune, » explique Catherine Harrison-Boisvert, musicologue. « Les Cowboys Fringants n’avaient pas fini. Ils étaient toujours en activité. » Pour elle, c’est cette disparition soudaine, survenue alors que le groupe était encore sur scène, qui rend la perte si marquante.
L’émotion, dit-elle, s’est peut-être adoucie, mais elle reste bien présente. « Le fait du décès même va continuer de toucher les gens pendant plusieurs années, très certainement. »
Une voix qui a rassemblé une génération
Au-delà du deuil, Karl Tremblay demeure une figure emblématique de la chanson québécoise. « Je le vois comme un marqueur générationnel, » souligne Harrison-Boisvert. À ses yeux, les Cowboys Fringants ont redonné une voix politique à une génération en quête de sens. « Ils ont permis de renouveler le répertoire engagé et de donner une nouvelle couleur à l’engagement politique en musique. », ajoute-t-elle.
Elle explique que leur plus grand héritage est certainement dans la façon dont ils ont su créer du collectif. « Les gens se retrouvaient pour chanter ensemble. Leurs chansons, ce sont vraiment des vers d’oreilles. Tout le monde est capable d’en fredonner plusieurs. »
Une inspiration pour la relève
Chez la jeune autrice-compositrice Avril Jensen, la musique des Cowboys Fringants a laissé une empreinte durable. « C’est un des premiers deuils collectifs pour la plupart des jeunes de notre génération », confie-t-elle. « On a tous grandi avec eux, d’une manière ou d’une autre. »
Quelques jours après l’annonce du décès, elle a rendu hommage au chanteur sur scène. « On a fait un cover de “Les étoiles filantes” avec toute la salle. Tout le monde chantait, c’était super émouvant. »
Pour la jeune femme, leur force tient à une émotion sincère et universelle. « Il y a des artistes qui arrivent à pogner ce truc-là spécifique qui fait que tout le monde accroche. Je ne pense pas que ça s’explique. Il l’avait. ».

Avril Jensen partage régulièrement ses reprises des Cowboys Fringants sur les réseaux sociaux, où elle attire un public grandissant. (Photo : Camille Gladu-Drouin)
Un message toujours actuel
Les valeurs portées par les Cowboys Fringants inspirent encore aujourd’hui les artistes de la relève. « Ce que je trouvais le plus beau, c’était ce côté-là engagé », ajoute Jensen. « Ce n’est pas de la variété, c’est de l’écriture réfléchie qui arrive quand même à rejoindre tout le monde. »
Et même si le temps passe, leurs chansons restent. « Je ne peux pas écouter Les étoiles filantes sans pleurer, » avoue-t-elle. Une preuve que, deux ans plus tard, Karl Tremblay continue d’unir le Québec, en souvenirs et en chansons.






