« Bonjour Jean-Jules » : l’art ne meurt jamais

« L’art qui oublierait les gens n’en serait pas », disait le défunt artiste, Jean-Jules Soucy, créateur de la célèbre Pyramide des Ha! Ha! Ce dimanche, la Pulperie de Chicoutimi accueillait la première visite commentée de l’exposition consacrée à ses œuvres, animée par le co-commissaire Daniel Jean, ancien réalisateur de Radio Canada.

L’artiste Jean-Jules Soucy. (Photo : Vicky Dallaire)
Près d’une trentaine de personnes ont pris part à cette rencontre, marquant le début d’une série d’activités rendant hommage à cet artiste originaire de La Baie, décédé en 2022 à l’âge de 71 ans.
Depuis le 7 juin, les amateurs d’art contemporain peuvent y découvrir des créations à la fois ludiques, critiques et profondément humaines, témoignant de l’humour et de l’attachement de l’artiste pour sa région.
Pour Daniel Jean et Hélène Soucy, la sœur de l’artiste, il était essentiel de faire revive sa mémoire, lui qui a toujours été proche de sa communauté. « Il serait archi content, Hélène l’a toujours dit. Avec Arthur Villeneuve, c’est un des deux grands artistes de la région, il fallait lui rendre hommage », lance Daniel Jean.
La Pulperie de Chicoutimi s’imposait naturellement comme lieu d’exposition, un espace emblématique au Saguenay pour la valorisation de la culture et de la mémoire régionale.
« Produire, c’est réfléchir »
Inspiré par Beuys et Duchamp, Jean-Jules Soucy proposait une vision poétique et engagée de l’art. Ses créations, réalisées à partir d’objets du quotidien recyclés, abordaient avec humour et sensibilité les enjeux sociaux de son époque. « Il voyait une chaise dans une boite de conserve », raconte Daniel Jean.

Les invités écoutent attentivement les récits de Daniel Jean sur Jean-Jules Soucy. (Photo : Vicky Dallaire)
Le Baieriverain vouait une véritable passion à tout ce qui pouvait se recycler : boites de lait, cartons de céréales, pelures d’oignon séchées et peinturées.
Il trouvait ses matériaux un peu partout et demandait à son voisinage de récupérer ce qu’ils jetaient. « Il signait un contrat moral avec les gens : leur boite de conserve ne finirait pas à la poubelle », se souvient Daniel Jean.
Bon vivant et grand amateur de jeux de mots, Jean-Jules Soucy ne se prenait jamais trop au sérieux. « Il voulait faire écrire sur sa pierre tombale “Fut-il utile” », relate Daniel Jean.
Ses cendres ont d’ailleurs été déposées dans un contenant de lait, clin d’œil à son humour et à sa démarche artistique.
Restaurer sa mémoire
Depuis trois ans, Hélène Soucy, la sœur de Jean-Jules, consacre la plus grande partie de son temps à la restauration des œuvres de son frère. Certaines ont même été réparées à plusieurs reprises, notamment celles conservées au Centre Bang.
Avec Daniel Jean, ils forment une équipe complémentaire : l’un “restaure l’esprit”, l’autre “les œuvres”. « Hélène avait une très grande préoccupation du respect du travail de Jean-Jules », souligne M. Jean, qui salue sa rigueur et son dévouement malgré les défis d’un tel projet. « Le premier prix, ç’a été le temps, l’endurance physique et la conviction qu’on travaillait sur quelque chose de nouveau. »
D’autres visites commentées de l’exposition posthume auront lieu les 16 et 23 novembre. Deux représentations par jour auront lieu, soit à 13 h et 15 h. Les places étant limitées, il est conseillé de réserver tôt. Pour plus de détails, visitez le site de la Pulperie de Chicoutimi.
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