Des expériences pas toujours négatives

Selon Fortune Business Insights, l’Europe a dominé le marché du tourisme médical avec une part de marché de 36,41% en 2024.
(Photo : Lyra Larouche)
Les dangers du tourisme médical sont souvent mis de l’avant, mais ce ne sont pas tous les patients qui ont de mauvaises expériences. Nadine Tremblay et Sandra Duperré ont un témoignage différent de ce que l’on peut voir sur les réseaux sociaux.
Nadine Tremblay a déjà subi deux opérations en Allemagne. Elle est atteinte de lipoedème, une maladie non reconnue au Canada. Selon l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESS) du Québec, le lipoedème est « une condition chronique qui affecte presque exclusivement les femmes et est caractérisé par une accumulation localisée de graisse, principalement dans les membres inférieurs et supérieurs ».
Souvent confondu pour de l’obésité, celles qui en souffrent peuvent n’avoir que très peu de gras dans le haut du corps, mais leurs jambes accumulent la graisse. Les patientes vivent de la lourdeur et des douleurs sévères.

Nadine Tremblay devra repartir en Allemagne pour une troisième opération en mars.
(Photo : courtoisie)
Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, le diagnostic ne se pose pas. Toute personne ayant des soupçons doit se diriger vers Montréal. C’est d’ailleurs ce que Nadine Tremblay a dû faire pour avoir des réponses à ses questions. « J’ai fait toute la démarche pour le prouver, j’étais dans l’errance médicale. »
Une fois le diagnostic obtenu, la chirurgie, étant très spécifique, n’est pas offerte au Canada et n’est pas couverte par la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ). Elle s’est donc tournée vers le tourisme médical et deux pays sont ressortis : l’Allemagne et l’Espagne. « J’ai lu sur vraiment beaucoup de sites et j’ai parlé avec des personnes qui sont allées pour essayer de voir quel endroit j’allais cibler. C’est beaucoup de recherche, je dirais peut-être deux ans de recherche avant d’aller à ma première chirurgie », se rappelle-t-elle.
Son choix s’est arrêté sur une clinique en Allemagne et le processus a commencé. Rencontres virtuelles, documents médicaux, tests à passer et protocole à suivre, la procédure avant la chirurgie est délicate.
« Je n’ai pas eu de problématiques du tout. »
Nadine Tremblay n’a rien à dire sur son traitement. « Tu te sens vraiment en sécurité. » Elle avait accès au numéro de cellulaire de sa chirurgienne en cas de problématique et au numéro de son équipe pour des questions de traduction.
Le processus oblige la patiente à rester dix jours en Allemagne dans un autre logis. Elle ne reste que 24 heures à la clinique, mais elle reste suivie par l’équipe. « Tu n’es pas laissée à toi-même pendant 10 jours. Ils vont te rappeler. C’est vraiment un suivi hors pair. » La clinique fournit les documents pour repartir au Canada et un dossier qui maximise un bon accompagnement par le médecin de famille lors du retour dans le pays.
« Au Canada, on est toujours en retard. »
Malgré ses bonnes expériences en Allemagne, elle se sent frustrée de devoir se rendre dans un autre pays et de payer pour ses traitements. L’Allemagne se trouve à environ dix heures d’avion de l’Amérique du Nord.
« Au Canada, on est autour de 15 à 20 ans de retard au niveau du médical avec l’Europe », constate-elle. Sans aide de la RAMQ, une chirurgie coûte autour de 25 000 $ et la maladie nécessite trois à quatre chirurgies. « C’est un 100 000 $ que tu peux investir complètement ailleurs. Je l’investis dans ma santé, mais c’est frustrant que ton pays ne te couvre pas, même pas pour l’assurance salaire. »
Beau temps, mauvais temps
Quant à elle, Sandra Duperré est allée en Tunisie pour une liposuccion en 2010. Malgré l’efficacité de la clinique, des conditions hors de son contrôle lui ont causé une expérience peu plaisante.
Lors de son escale au Maroc, un nuage de cendres causé par un volcan a annulé tous les vols. Elle s’est donc retrouvée coincée dans un autre pays pendant trois jours. « J’ai dit que j’étais sur un transit et qu’ils étaient obligés de me loger et de me nourrir. Il a fallu que je me batte beaucoup. » Elle décrit l’expérience comme très difficile mentalement et a subi une importante perte de poids.
Elle retient tout de même le bon suivi de la clinique et leur professionnalisme lors de sa prise en charge. « J’étais très, très bien accompagnée. »






