« On fait ça pour une meilleure vie »

Vanessa Alvarez en est consciente : ce rythme de vie ne peut pas être assumé par n’importe qui. (Photo : Mathilde Bellon)
Vanessa Alvarez et Martin Bergeron vivent en autosuffisance depuis 12 ans. Plus qu’un mode de vie, pour eux c’est une passion.
Si Martin Bergeron nous accueille ce jour-là avec des vêtements troués à la Savonnerie au Pays des Bleuets dans le secteur de Rivière-Éternité, ce n’est pas par manque de moyens financiers. Qu’ils soient troués ou neufs, pour lui l’utilité reste la même. « Ce n’est pas important pour moi, l’état de mes habits », assure-t-il.
L’important pour le couple, c’est leur qualité de vie. Pour les deux anciens militaires, l’autosuffisance, qui se caractérise par la capacité d’une personne ou d’un groupe de personnes à subvenir à ses propres besoins, a toujours été un objectif à atteindre. « Quand on se rencontre dans l’armée, on parle, on devient des amis, on tombe en amour, et on a les mêmes projets », se remémore Vanessa Alvarez.
Une entreprise, mais pas un métier

Vanessa Alvarez et Martin Bergeron ont acheté la Savonnerie au Pays des Bleuets à Rivière-Éternité en 2013. (Photo : Mathilde Bellon)
Le fonctionnement de leur entreprise est à peu de choses près entièrement autosuffisant. Ils font pousser tous leurs ingrédients sur leur terrain, grand de 75 hectares. C’est la taille de 107 terrains de football.
Vignes, monarde, courge, menthe ou encore arbres fruitiers en tous genres, le jardin est la source de tous leurs produits. Même si s’occuper d’un si grand terrain est une charge de travail conséquente, le couple n’a jamais regretté d’avoir choisi cette manière de vivre.
L’autosuffisance au quotidien
Sur leur terrain, la forêt et le lac deviennent le garde-manger des deux propriétaires.

Tous les ans, le couple pêche, et fait la chasse aux perdrix, aux canards, aux orignaux ou encore aux ours. (Photo : Vanessa Alvarez)
Toute la chair animale amassée en automne est congelée ou mise en bocaux.

Vanessa Alvarez et Martin Bergeron reproduisent le même processus pour tous les fruits et légumes qu’ils récoltent, qu’ils cuisinent et conservent afin d’assurer leur autonomie alimentaire toute l’année. (Photo : Mathilde Bellon)
« On a assez à manger pour 20 personnes pendant un an », assure Vanessa Alvarez, confiante.
Tous les jours, le couple se lève à 8 heures pour nourrir leur chien, appelé Jack, leurs 3 chèvres, Seven, Billie et Luna, ainsi que la dizaine de poules qui logent dans la grange.
Avec l’entretien des jardins, la création des produits pour la savonnerie et l’accueil des clients, les journées des deux amoureux de la nature sont bien remplies. « On se couche entre minuit et 1 heure du matin, donc on n’a pas le temps de ne pas savoir quoi faire », rapporte Martin Bergeron.
Le respect de leur environnement
Pour les deux adeptes de l’autosuffisance, le respect de leur habitat est primordial. Ils s’efforcent à n’utiliser aucun pesticide. Au lieu de ça, ils utilisent des méthodes naturelles. « Pour éloigner les limaces, j’écrase la coquille des œufs que pondent mes poules. Les limaces se coupent dessus et ne peuvent pas manger mes plants », donne en exemple le propriétaire.

Pour alimenter leur poêle et se chauffer au bois tout l’hiver, Martin Bergeron ramasse des branches mortes. (Photo : Mathilde Bellon)
Il utilise la même méthode pour le bois. Pourquoi couperait-il des arbres en bonne santé quand il y a du bois mort ? S’ils sont peut-être de moins bonne qualité, Martin Bergeron les utilisera tout de même puisqu’ils sont tombés.
« Le but, c’est de laisser la nature en vie et prendre ce qui est mort. Juste ce qui est mort sur nos 75 hectares, c’est impossible de tout utiliser. Mais même si on ne s’en sert pas, ça va se décomposer et nourrir la terre », ajoute-t-il.
Un choix de vie qui doit être motivé
« C’est beaucoup de travail, et c’est aussi passer beaucoup de temps dans la nature. Parfois, on a des proches qui veulent faire pareil, mais ça ne marche pas parce qu’ils n’aiment pas tant que ça la nature », confie Vanessa Alvarez. « Il ne faut pas que ça devienne une corvée sinon tu n’y arrives pas », conclut-elle, pleine d’enthousiasme.






