Préparer les enfants à la réalité

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Pour apaiser l’anxiété de leurs enfants, Simon Berthiaume et Christine Bourgeois leur offrent beaucoup d’éducation en matière de prévention des incendies. (Photo : Simon Berthiaume).

« C’est Noël, toute la famille est là et nos enfants ne comprennent pas pourquoi papa doit partir », témoigne la pompière et préventionniste, Christine Bourgeois. Voilà la réalité de sa vie de famille, qu’elle partage avec le pompier Simon Berthiaume.

Les parents exercent tous les deux leur profession à la caserne 29 de la ville de Varennes. Ensemble, ils ont deux enfants : Charlie Lou, 13 ans, et Grégoire, 12 ans.

Bien qu’ils soient conscients de cette réalité dans laquelle ils sont nés, ces derniers sont parfois inquiets. « On les accompagne depuis qu’ils sont petits dans cet apprentissage qui se fait petit à petit », confie Christine Bourgeois.

« Ils ont appris que c’était dangereux et qu’on courait des risques, mais ils ont aussi appris que c’était pour aider la population, pas pour mettre nos vies en danger », ajoute le père de famille.

Des solutions

Christine et Simon ont installé une radio dans la maison. « Quand ils entendent parler, ils savent qu’il y a un feu et qu’un de nous est probablement sur le terrain », explique le pompier de la caserne 29.

« Imaginons que le feu s’est déclaré dans l’après-midi. Si les enfants sont à l’école, pas de problème. Mais quand ça s’étire, on a un réseau avec la famille pour qu’elle prenne le relais », témoigne Simon Berthiaume.   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

«Quand un seul des deux parents est pompier, les conflits sont plus fréquents, car il y a moins de compréhension sur les obligations liées au métier. Pour nous, c’est plus simple : on se comprend », assure Christine Bourgeois. (Photo : courtoisie)

Changement de cap

À la naissance de leur premier enfant, les combattants du feu ont dû remettre en question leur carrière. Simon, passionné par le terrain, est demeuré pompier. De son côté, Christine est devenue préventionniste, une facette de la vocation qui l’avait toujours intéressée.

« Depuis, je fais l’inspection des bâtiments, la recherche des causes et des circonstances de l’incendie, précise-t-elle. La conciliation travail-famille aurait été beaucoup plus difficile si j’avais été aussi passionnée par le terrain que Simon. »

« Si lui va éteindre un feu, moi je sais que j’ai quelque chose à faire après. C’est là que j’entre en jeu », évoque Mme Bourgeois.

 Dans certains cas, les deux parents sont encore sollicités tous les deux sur les lieux de l’incendie.  Ils ont rédigé leur testament en conséquence. (Photo : courtoisie)

 

Travail de nuit

Éric Fleurant vit une situation semblable. Il occupe un métier à risques depuis sept ans, comme infirmier à l’Institut légal Philippe-Pinel à Montréal.

 Selon Éric, l’autogestion des horaires est la solution pour offrir de meilleures conditions au personnel de la santé (Photo: courtoisie)

Cet établissement hospitalier surspécialisé soutient les personnes ayant des troubles mentaux associés à des comportements violents. 

Éric est père de trois enfants maintenant adultes : Marilou, Frédéric et Mickaelle. Quand ceux-ci étaient jeunes, Éric travaillait auprès des anciens combattants. Ce n’est pas un métier à risque, mais il comporte d’importants enjeux de conciliation travail-famille.

« On avait les enfants à partir de quatre heures de l’après-midi jusqu’à neuf heures le soir. C’est une deuxième job », ajoute-t-il.

À l’époque, Éric avait l’habitude de travailler le soir. « Ce n’est vraiment pas le quart idéal quand tu as des enfants, parce que quand ils sont là, toi tu n’es pas là, se désole le quinquagénaire. Ce sont des heures difficiles avec des enfants. »

« Pendant cinq ans, j’ai même travaillé de nuit en même temps que d’être papa. Je n’ai vraiment pas aimé ça », souligne le père de famille.

L’infirmier s’est longtemps impliqué au sein du syndicat et a souvent négocié des conventions collectives. « On veut toujours des meilleures conditions. Ce n’est jamais parfait. Après, c’est la réalité d’avoir un service ouvert 24h sur 24. »

Toutefois, Éric reconnait que son horaire de l’époque comportait quand même certains avantages pour sa vie familiale. « C’est sûr que tu n’es pas là quand les autres parents sont là, mais je suis là quand les autres parents ne le sont pas, explique-t-il. Ça me donnait des journées de congés dans la semaine. J’allais faire du bénévolat à la classe à Marilou. »

Éric Fleurant a toujours réussi à expliquer avec tact son métier à ses enfants. Ce n’est pas toujours chose facile, dépendamment du milieu de travail. « Selon l’âge, il ne faut pas aller dans les détails trop crus. Mais en réalité, une plaie, c’est une plaie. » conclut l’infirmier, qui reste optimiste pour l’avenir des conditions de travail du métier d’infirmier.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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