Le golf virtuel : un sport en pleine expansion

Depuis son ouverture, le golf virtuel Saguenay est toujours plein aux heures de pointe selon Sylvain Renaud, propriétaire. Il se voit même dans l’obligation de refuser des réservations. (Photo : Alex Villemaire/La Pige)
Le golf virtuel connaît une hausse en popularité depuis les quelques années au Québec. Le Saguenay–Lac-Saint-Jean n’y fait pas exception. Deux nouveaux centres de golf virtuel ont vu le jour dans la dernière année et demie afin de répondre à la demande.
C’est le cas de Golf Virtuel Saguenay (GVS) à Chicoutimi qui a ouvert ses portes en novembre 2023. Selon le propriétaire, Sylvain Renaud, cette popularité grandissante s’explique par l’expansion du sport virtuel (e-sport) en général.

Habile de ses mains, Sylvain Renaud a commencé à installer des simulateurs pour d’autres amateurs quand l’idée lui est venue d’ouvrir son propre centre de golf virtuel (Photo : Alex Villemaire /La Pige)
Il ajoute aussi que la pandémie a beaucoup aidé à propulser le sport. « Quand on était chez nous, ça nous permettait de jouer en ligne avec des gens de partout sur la planète. »
Cet engouement a commencé, comme la majorité des jeux vidéo, en Asie. « Je pense que 90 % des parties de golf en Corée du Sud se jouent virtuellement. »
C’est aussi une pratique très courante aux États-Unis mentionne le directeur général de Golf Québec, Jean-Pierre Beaulieu. « Aux États-Unis, il y en a beaucoup, notamment des “Top Golf”. Même si ce n’est pas sur un écran, c’est dans le style arcade. » D’ailleurs, la première saison de la TGL (Tech-infused Golf League) vient tout juste de commencer aux États-Unis. Cette nouvelle ligue regroupe les meilleurs joueurs du sport, comme Tiger Woods, Rory McIlroy, Justin Thomas et bien d’autres. Les parties se jouent sur un écran de simulateur.
Il ne faut pas confondre des centres comme Golf Virtuel Saguenay avec de simples arcades de jeux. « Moi, je vois plus le golf virtuel comme de la réalité augmentée (VR). Avant, c’était plus comme une arcade, il y a 15-20 ans, mais aujourd’hui, on est plus axés sur la performance. »
Il faut faire la différence entre les centres de golf virtuel, comme le GVS, et les bars qui possèdent des simulateurs, car ils n’attirent pas la même clientèle. « Moi, je me vois comme un centre de golf virtuel avec un service de bar, tandis qu’eux, c’est un bar avec des simulateurs de golf », explique M. Renaud. Les centres de golf virtuel attirent les joueurs de golf aguerris, tandis que les bars permettent aux gens de jouer une partie, au même titre qu’une partie de billard.
Le centre Intencité à Jonquière vient tout juste d’inaugurer son nouveau simulateur de golf, mais encore une fois, M. Renaud distingue les systèmes utilisés. « Ici, on utilise ProSim, eux utilisent plutôt Golf In. Le nôtre est plus précis. » D’ailleurs, ProSim et Golf In sont deux entreprises situées à Trois-Rivières et à Saint-Georges qui fabriquent des simulateurs de golf.
Démocratisation du golf
Le golf est de moins en moins réservé à l’élite de la société. « Les clubs sont moins stricts sur les uniformes. Il y a des gens qui amènent de petits haut-parleurs. Oui, le sport se démocratise et c’est ce qu’on veut », explique Jean-Pierre Beaulieu. Selon lui, cette démocratisation du sport est fortement liée à la popularité du golf virtuel.
« C’est une clientèle différente. Ce sont surtout les joueurs de 18 à 40 ans. Ils essaient ça durant l’hiver et ça leur donne le goût de venir sur un vrai terrain après », explique M. Beaulieu.
Le golf virtuel serait d’ailleurs un excellent moyen de commencer le golf, selon Sylvain Renaud. « Tu ne perds pas ta balle, il n’y a pas de “marshall” pour te presser, personne ne te frappe une balle au-dessus de la tête parce que tu ne vas pas assez vite. Tu loues une heure, tu prends ton temps, tu fais ce que tu veux. C’est bon pour apprendre. »






