Le développement des jeunes hockeyeurs québécois remis en question 

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16 Québécois ont été sélectionnés lors du dernier repêchage de la Ligue nationale de hockey. / (Photo : Samuel Fournier) 

Le hockey est le sport par excellence au Québec et au Canada. Pourtant, depuis quelques années, des pays comme les États-Unis, la Suède ou même la Tchéquie semblent prendre de l’avance en matière de développement des joueurs. Plusieurs remises en question s’imposent dans la belle province à ce sujet.  

La problématique au Québec 

« C’est notre sport national, on pense tout connaître » explique Frédérik Malenfant entraineur des Marquis niveau Junior AA en réponse au retard que connaît le Québec dans le développement de ses joueurs. 

Selon l’ancien directeur du hockey mineur au Saguenay-Lac-Saint-Jean, les jeunes ne diversifient pas assez leurs loisirs. 

« Aujourd’hui les jeunes jouent au hockey l’hiver et quand ils ont fini, ils jouent du hockey de printemps. Ils prennent deux semaines, ils font ensuite un camp d’été. Après ça, ce sont les camps d’entrainement. » 

Luc Michaud, dépisteur-chef de l’Océanic de Rimouski, pense qu’il faudrait aussi réfléchir davantage à l’environnement 

Luc Michaud est également assistant au directeur général de l’Océanic de Rimouski. / (Photo : Normand A. Léger)

« Certains disent que c’est parce qu’il y a trop d’équipes. C’est le calibre dans lequel tu as joué [qui compte]. Et les gars m’ont toujours dit que si le talent est dilué, les jeunes vont moins progresser parce que, vous savez qu’ils ne jouent pas constamment contre les meilleurs joueurs. » 

« Il pourrait y avoir une source de vérité là-dedans, dans le sens où on dit ‘’Regardez, peut-être que s’il y avait moins d’équipes, on concentrerait le talent.’’ Oui, les jeunes qui progresseraient dans ce domaine seraient meilleurs. » 

 

Qu’est-ce qui définit un bon joueur de hockey? 

Lors d’une session de dépistage, Luc Michaud évalue plusieurs aspects dont le niveau de compétition de l’athlète, le sens du jeu, la capacité à suivre ce dernier, les habiletés du joueur et le gabarit du jeune. 

La Ligue du programme d’excellence de hockey au Québec sera en place en 2027-2028 par Hockey Québec et accueillera les meilleurs joueurs et joueuses de la province. / (Photo : Libre de droits par Logan Weaver)

« Moi, ce qui m’impressionne, ce sont les aptitudes individuelles. Le patin est très explosif, le tir du poignet est plus puissant que le lancer frappé. Le QI hockey est plus développé, les joueurs d’aujourd’hui ne sont plus le même archétype qu’avant », observe M. Malenfant. 

Comparativement à avant, il faut expliquer le « pourquoi du pourquoi » aux jeunes selon l’entraineur-chef des Marquis. La communication est la clé pour aider au développement du joueur selon lui.  

« Il faut discuter beaucoup avec eux, c’est énormément d'[apprentissage] verbal. » 

Selon M. Michaud, pour développer les jeunes à leur plein potentiel, il faut être prêt à les motiver à se dépasser. 

« Développer ces jeunes pour qu’ils deviennent les joueurs que nous pensons qu’ils sont capables de devenir. Mais nous pouvons le faire avec respect. Nous pouvons le faire sans être trop autoritaire. » 

Ailleurs dans le monde 

« Vous êtes [les joueurs] aussi un produit de votre environnement », explique le dépisteur-chef en faisant référence à la différence de jouer en Europe, aux États-Unis ou au Québec. 

Il partage également son point de vue sur l’élimination du Canada face à la Tchéquie lors des derniers matchs du Tournoi junior mondial. 

« J’adore les gars de la Tchéquie. Niveau compétition*, tous les gars qui font partie de cette équipe ont cette qualité. Ce ne sont pas nécessairement des gars qui ont un talent remarquable. C’est juste qu’ils viennent avec cœur et passion. Ils payent le prix. C’est ça qui leur amène du succès contre nous [le Canada]. » 

À prendre note que la Tchéquie, un pays d’environ 10,5 millions d’habitants, a réussi à bâtir une équipe de hockey complète alors que le Québec, une province avec 1,5 million habitants de moins n’a qu’un seul joueur dans l’équipe canadienne. 


*Niveau compétition : Cet aspect représente ce qu’un joueur fait sur la glace. Luc Michaud définie ce terme comme l’intensité du joueur sur la glace, vouloir aller chercher la rondelle dans les coins, gagner des batailles le long des bandes. 


Les solutions  

Pour Frédérik Malenfant, un plan de développement de 3 à 5 ans devrait être proposé pour permettre aux jeunes de se développer tout en s’amusant.  

Selon Luc Michaud, un bon développement commence par l’entraineur. 

« Nos entraîneurs, il faut peut-être les former davantage et les rendre capables de pouvoir amener les jeunes à performer à la hauteur de leur talent. Les jeunes doivent cependant mettre l’effort nécessaire. » 

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