Bernard Drainville réclame un droit acquis pour les travailleurs temporaires

Bernard Drainville était de passage au Saguenay pour sa tournée des régions. (Photo – Félix Audet)
L’aspirant chef de la CAQ et premier ministre, Bernard Drainville, s’est exprimé sur la situation des travailleurs temporaires lors d’un point de presse cet après-midi, devant la Chambre de commerce et de l’industrie Saguenay-Le Fjord à Chicoutimi. « On en a vraiment besoin », a tenu à exprimer M. Drainville.
Donner un droit acquis aux travailleurs temporaires qui occupent des emplois prioritaires en santé, en éducation, en construction et dans le domaine manufacturier, c’est l’engagement que prend Bernard Drainville.
« Évidemment, il y a des conditions. Il faut être au Québec depuis deux ans, avoir une maîtrise intermédiaire du français et avoir fait sa demande au Programme de l’expérience québécoise (PEQ) avant la fin de ce programme », remet en surface M. Drainville. Ce programme a été supprimé par le gouvernement en 2024-2025 dans l’objectif de resserrer l’immigration économique. Il a été remplacé par une mesure plus restrictive.
M. Drainville a ensuite évoqué ses rencontres avec des entrepreneurs de la région. « Dans la grande région du Saguenay, comme ailleurs au Québec, les entrepreneurs me disent : Bernard, il faut absolument garder ces travailleurs hypercompétents », explique l’ancien ministre.
Selon l’un de ces entrepreneurs, être privé de travailleurs temporaires le forcerait à diminuer de moitié son chiffre d’affaires.
Bernard Drainville s’est alors directement adressé à son adversaire, Christine Fréchette, et au ministre de l’Immigration, Jean-François Roberge, qui s’est rangé du côté de l’ancienne ministre. « Voulez-vous changer les règles… Il faut cesser de tergiverser et il faut que Christine appuie l’idée d’un droit acquis et qu’elle convainque M. Roberge de le faire », a-t-il lancé.
De son côté, le député caquiste de Jonquière, Yannick Gagnon, s’est rangé du côté de M. Drainville.
Revenir à ses origines
L’homme de 62 ans souhaite revenir aux valeurs de l’Action démocratique du Québec (ADQ), ancien parti politique créé en 1994.
« Je respecte mon collègue François, mais je réitère : il faut retourner aux sources de la CAQ, aux valeurs de l’ADQ : un rôle accru pour le privé, un État beaucoup plus efficace… une CAQ nationaliste », explique-t-il.
Selon lui, il ne faut pas d’un gouvernement frileux qui craint le changement.
Dossier Domtar
Le sujet chaud du moment est le dossier de l’usine Domtar. Bernard Drainville a voulu montrer son appui aux gens de la région.
« Si le gouvernement a le dernier mot, je le souhaite, il devrait décider que les mégawatts restent au Saguenay–Lac-Saint-Jean pour des projets pour les gens du Saguenay–Lac-Saint-Jean », a lancé, convaincu, Bernard Drainville. Yannick Gagnon a ensuite fait la remarque de la position de son acolyte dans ce dossier.
« C’est un geste fort pour notre chez-nous, il s’agit d’un débat majeur. »
Le concurrent au titre de premier ministre a terminé en appelant ses partisans à croire en ses idées et à devenir membres du parti pour pouvoir participer au vote à l’interne.
« À la fin, c’est la démocratie qui va parler. »
À la rencontre des Saguenéens
Hier soir, l’ancien ministre de l’Éducation et de l’Environnement s’est présenté à la Cité Saint-François pour écouter le Super Bowl lors de l’événement présenté par Football Saguenay. Il a serré des mains et rencontré ceux qu’il nomme « le vrai monde ».
Rappelons qu’il a mentionné à de nombreuses reprises vouloir être l’homme du peuple, celui qui donnera la parole à ceux que l’on n’entend jamais. Il sera lundi soir à la salle Côté-Cour pour un cinq à sept, accompagné de militants.






