Température en chute libre : les monteurs de ligne prennent de la hauteur

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Environnement Canada a émis plusieurs avertissements de froid extrême cet hiver. Ces dernières semaines, des ressentis sous la barre des -40 degrés ont été enregistrés dans la province. Malgré des sorties déconseillées, les monteurs de ligne prennent de la hauteur pour rétablir le courant. Un métier à risque et méconnu mais nécessaire pour la population.

En cas de panne d’électricité, les monteurs de ligne doivent agir rapidement pour rétablir l’alimentation. Une grande majorité des foyers sont chauffés grâce à l’électricité. Alors en période de grand froid le temps est compté. Ces génies de la construction et de la maintenance du réseau électrique s’illustrent dans les airs, au sommet des pylônes électriques pour assurer la distribution et le transport d’énergie de haut voltage.

Mais un œil extérieur peine à comprendre les enjeux derrières ces réparations. Olivier Gagnon, monteur de ligne chez Hydro-Québec, depuis 4 ans, explique que les opérations sont soumises à des nombreuses contraintes : « Des fois on peut avoir l’air d’attendre dans nos camions pendant que le monde n’a pas de courant mais souvent c’est qu’on a des contraintes ou qu’on doit attendre pour travailler en sécurité. […] Il faut qu’on ait le temps de faire un point avant de commencer le travail pour s’assurer que le client revienne avec l’électricité et que tout le monde revienne à la maison en santé le soir aussi.»

Parmi ces contraintes, les particularités sur le réseau que l’exploitant doit mentionner aux équipes, la communication avec les électriciens ou encore le service client lors d’une coupure temporaire. « On ne va pas couper l’électricité à un client quand on sait qu’il fait vraiment froid et que son seul moyen de se chauffer c’est par l’électricité. Ça ne sera pas du bon service client. […] C’est sûr que même si il y a une grosse tempête dehors c’est nous qui devons y aller et ça va nous faire plaisir.»

Mais en période de grand froid se sont les conditions météorologiques qui peuvent freiner l’avancée des travaux. De nombreuses tâches sont reportées pour garantir la sécurité des électriciens de ligne.

Les éléments naturels (vent, neige et chutes d’arbres) sont à l’origine des principales pannes électriques dans la région (Photo : CFP des Navigateurs)

Martin Grenier, chef de division aux opérations chez Hydro-Jonquière, affirme que les enjeux principaux lors d’une panne, ce sont « les enjeux du travailleur : s’assurer que le travailleur peut faire son travail en toute sécurité, être bien habillé, dans des conditions climatiques non dangereuse. […] Notre priorité c’est vraiment la sécurité de notre personnel.»

« À Chicoutimi j’avais 3 manteaux sur le dos, il faisait -45, c’était très humide, j’étais gelé. […] Je connais des gars qui ont pogné des engelures, après ça te suit toute ta vie », nous informe Louis Gagnon.

Martin Grenier ajoute que « c’est un métier quand même beaucoup exigeant, mais très valorisant. Quand les monteurs rétablissent une partie de la panne dans un délais respectable, on est bien fière de redonner l’alimentation à la population. On reçoit beaucoup de gentillesse et de mérite. »

Un avenir plein de promesses

Bien que difficile, la profession est plus que jamais au cœur des débats. Le plan d’action 2035 prévoit l’installation de 5000 kilomètres de lignes de transports d’électricités. Hydro-Québec a annoncé 100 millions de dollars d’investissement pour soutenir la formation. Des formations qui préparent les étudiants au froid extrême puisqu’elles se déroulent en contexte nordique, comme c’est le cas pour le Centre de Formation de la Baie-James. Elles permettent de se préparer aux risques liés au froid, notamment en expliquant les tolérances de températures, les différents dangers et comment intervenir en cas d’hypothermie.

Hydro-Québec et le ministère de l’Éducation investiront environ 250 millions de dollars sur les trois prochaines années. (Photo : CFP des Navigateurs)

Le ministère de l’Éducation prévoit un investissement à hauteur de 150 millions de dollars. Bernard Drainville a affirmé que cet investissement allait permettre de moderniser l’équipement, mais également de doubler les effectifs de monteurs de ligne et d’électriciens.

Le développement des énergies renouvelables ainsi que le besoin croissant en électricité, assurent aux monteurs de ligne un bel avenir au Québec.

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