C’est l’heure de faire du pain

Christina Blais a décidé d’écrire un livre après avoir réalisé qu’il existait très peu de références québécoises sur la fabrication de pain.
Dans un monde rempli d’incertitudes, plusieurs personnes ont décidé d’embarquer dans le bateau et de commencer à faire leur propre pain à partir de levain. Selon la nutritionniste de formation Christina Blais, le réconfort apporté par cette activité permettrait à ceux qui en ont besoin de garder une certaine sérénité.
L’odeur du bon pain frais qui sort à peine du four, les détails tracés à la main sur la miche et le sentiment du devoir accompli sont irremplaçables pour l’auteure du livre Le pain de Christina, Christina Blais.
Pour elle, la montée en popularité du pain au levain maison est une véritable victoire. « Ça fait des années que les nutritionnistes disent aux gens de cuisiner eux-mêmes et là, enfin, ça se passe », raconte-t-elle, sourire aux lèvres.
Cuisiner pour garder le contrôle
Depuis quelques temps, Mme Blais raconte passer de deux à trois heures par jour à répondre aux questions de ceux qui ont décidé de s’embarquer dans la cuisine du pain. Selon elle, il existe un lien entre la perte de contrôle et la cuisine. « Je pense que dans un monde qui est de plus en plus incertain, plus on prend le contrôle sur ce qu’on est capable de faire pour soi, mieux on se sent », explique-t-elle. Elle justifie notamment sa pensée en se basant sur la pandémie, où l’art du pain maison avait aussi connu une forte croissance.
Une longue liste d’avantages
En plus de la satisfaction personnelle, il existe de nombreux bienfaits économiques et sur la santé à fabriquer son pain à partir de son propre levain.
Mme Blais explique que la fermentation du levain aide à l’absorption des minéraux présents dans la farine par le corps. En plus, les microorganismes présents dans le levain s’attaquent au gluten ce qui rend ce type de pain plus facile à digérer pour les personnes qui y sont sensibles. « Il y a des gens sensibles au gluten sans que ce soit la maladie cœliaque, qui vont être capables de manger du vrai pain au levain sans problème », explique-t-elle.
En plus, Mme Blais explique que fabriquer son propre pain peut permettre à un foyer d’économiser environ 4 $ par pain. Si une famille consomme une miche de pain par semaine, ce sera environ 208 $ qui seront économisés à la fin de l’année.
Un processus long et fastidieux
Pour commencer un levain, il faut mélanger de l’eau et de la farine et les laisser fermenter dans un pot qu’on garde à température pièce. Pendant quelques jours, il est nécessaire de nourrir le mélange en rajoutant de l’eau ou de la farine, selon le besoin. Une fois le levain actif, on peut le conserver pendant de nombreuses années.
Cependant, la fermentation peut prendre jusqu’à deux semaines. Les délais peuvent varier selon la température de la pièce, le type de farine utilisé ainsi que la quantité d’eau dans le mélange.
C’est en partie ce qui décourageait, au début, la jeune étudiante en nutrition à l’Université de Montréal, Catherine Aubuchon, à démarrer le projet. « Je m’étais dit que j’allais le faire, mais dans les mois suivants, je trouvais que je n’avais pas vraiment le temps de m’en occuper ni de venir vérifier mon pain à tous les 30 minutes », explique Catherine, qui a nommé son levain « Ratadoughy ».

Fanny Lachance s’est fait donner son levain en cadeau, et celui-ci est âgé de plus de 100 ans.
(Photo : Fanny Lachance)
C’est aussi l’opinion de l’enseignante au Cégep de Jonquière et mère de deux enfants, Fanny Lachance. Elle explique être capable de faire en moyenne deux pains par mois, mais un peu plus lors des longs congés, lorsqu’elle a davantage le temps de s’attarder à la tâche.






