Le PEQ fait jaser au Lac-Saint-Jean

Jean-Denis Toupin souhaite que les programmes d’immigration soient adaptés à chaque corps de métier. (Photo : Pierre Bister)
Plusieurs municipalités et entreprises du Lac-Saint-Jean dénoncent l’abolition du Programme de l’expérience québécoise (PEQ). Il est aussi l’un des sujets essentiels de la course à la chefferie de la CAQ. Qui y’a-t-il au cœur de ce débat ?
« C’est des familles, des individus, des enfants qui ne savent pas ce qui va leur arriver », dénonce le maire de Saint-Félicien, Jean-Philippe Boutin. C’est une constatation qui n’est pas isolée, le maire de Roberval, Jean-François Boily, le remarque également dans sa municipalité.
Les deux maires font partie de la résolution coordonnée du Lac-Saint-Jean présentée mardi. Cette dernière sert à « démontrer notre appui à notre communauté de travailleurs immigrés », affirme Jean-Philippe Boutin. « On est en train de frapper sur une communauté qui n’a pas le droit de vote et qui n’a pas la même capacité que les Québécois de s’exprimer », déplore le maire de Saint-Félicien.
Deux ans de plus pour se faire élire
L’annonce de Christine Fréchette mardi, qui entend prolonger le programme pour deux ans si elle est élue chef de la CAQ, est reçue de façon mitigée par les différents milieux. « C’est un très grand progrès par rapport aux anciennes positions », se rassure le maire de Saint-Félicien. Mais le flou est encore trop présent autour de cette annonce, beaucoup de questions restent en suspens selon Jean-Philippe Boutin. Jean-François Boily souligne surtout que l’élection est le 12 avril, cependant il a dans sa municipalité deux familles qui doivent quitter le territoire le 1er avril. Ainsi ces deux familles ne pourront pas profiter de ces deux années supplémentaires.

Le maire de Saint-Félicien, Jean-Philippe Boutin, pense que la réouverture pour deux ans devrait être pour les personnes déjà au Québec. (Photo : Courtoisie)
Le programme a été aboli en novembre dernier, alors qu’il était l’une des meilleures voies d’accès au Certificat de sélection du Québec (CSQ) et donc de la résidence permanente. Il a ensuite été remplacé par le Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ). Mais ce dernier n’aide pas vraiment les travailleurs à immigrer au Québec selon le directeur général de Construction Proco, Jean-Denis Toupin.
Le PEQ touche directement sa compagnie. Celle-ci compte une cinquantaine de travailleurs étrangers temporaires. « On n’est pas capable d’avoir aucun de nos travailleurs qui accèdent au PSTQ », s’attriste Jean-Denis Toupin. Le diplôme nécessaire pour être éligible au programme est le principal problème pour eux. « Ce sont des soudeurs qui obtiennent un certificat du bureau canadien de soudage, mais il ne compte pas comme diplôme », se désole le directeur général de Construction Proco.
Christine Fréchette cherche à se faire élire avec cette annonce selon Jean-Denis Toupin. « Au final, les décisions sont prises sans aucune consultation que ce soit au fédéral ou au provincial, dans des buts purement politiques ou électoralistes », regrette le directeur général.






