La justice réparatrice : un service encore méconnu

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Photo de Estelle Drouvin

La justice réparatrice permet aussi de « responsabiliser » les auteurs de violences. Estelle Drouvin. (Photo : courtoisie)

« La justice réparatrice est trop méconnue » déplore la directrice de l’organisme Equijustice à Chicoutimi, Marie-Luce Laforge. Selon elle, cette approche, qui se fait rencontrer des victimes et des auteurs de méfaits, peut parfois être beaucoup plus bénéfique qu’une démarche en justice traditionnelle.

Les chiffres lui donnent raison. Seulement 15% des Canadiens connaissent la justice réparatrice, selon un rapport du ministère de la Justice du Canada publié en 2024.

Pour sa part, la directrice du Centre de service de justice réparatrice à Montréal, Estelle Drouvin, aimerait voir cette forme de justice prendre plus de place dans la société « C’est sûr que nous, on y croit, on voit l’impact. Si ça pouvait être déployé à plus grande échelle, on serait très contents.  Si on pouvait avoir un peu plus de ressources pour le faire, ce serait fabuleux. »

Estelle Drouvin explique que la justice réparatrice « permet à des auteurs de crimes et des victimes de se rencontrer, de parler de ce qui s’est passé, et d’envisager la dimension de la réparation ». 

Cette démarche n’exclut cependant pas un procès en parallèle.

A l’inverse de la justice plus traditionnelle, la justice réparatrice va regarder les conséquences de la violence dans la vie des personnes et de la communauté, selon Estelle Drouvin.

« Au centre où je travaille, on a des membres qui viennent rappeler que le crime a une dimension sociale, que ce n’est pas juste une affaire entre deux personnes ». 

Pour elle, les violences n’ont pas seulement des conséquences sur la victime, mais aussi sur l’entourage, le voisinage et la société au sens large.  

Elle rappelle par ailleurs que la société, « parfois dans son indifférence ou dans son inertie », contribue à ce que ces violences se perpétuent.  

Des rencontres structurées 

Pour que les rencontres se déroulent sans embûches, les organismes encadrent l’entièreté du processus. « On va préparer ces gens-là aux rencontres », assure Mme Laforge.

Photo de Marie-Luce Laforge

La participation au système se fait de manière totalement volontaire. Marie-Luce Laforge. (Photo : courtoisie)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les deux organismes travaillent en crime apparenté. 

« C’est-à-dire que les gens ne se connaissent pas, mais ils ont subi et commis des gestes semblables », développe Mme Drouvin. Les victimes de violences sexuelles rencontrent donc des auteurs de violences sexuelles et les victimes de braquage rencontrent des auteurs de braquage.  

« Il faut qu’on ait des histoires qui se ressemblent le plus possible. » 

Lors des rencontres encadrées par les animateurs, les victimes et les détenus racontent leur vécu, réagissent, se posent des questions, expriment leurs émotions. 

Du côté d’Equijustice, les échanges peuvent se dérouler « par lettres, par vidéoconférence ou encore par intermédiaire ». 

Des résultats concluants 

« Une très, très grande majorité de gens en ressort libérée », affirme fièrement Estelle Drouvin. Même les auteurs de violence retrouvent « un peu d’estime d’eux-mêmes », déclare-t-elle. 

Mme Drouvin ne compte plus les témoignages positifs qu’elle reçoit une fois le processus terminé. 

« Certains nous disent vraiment qu’il y a un avant et un après dans leur vie. Il y a des personnes qui n’ont plus d’insomnie ou de flashbacks. C’est très concret ! »

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