Les dangers de la route à bord d’un poids lourd

REPORTAGE – Le klaxon se fait entendre pour tenter d’avertir une voiture qui coupe dangereusement le camion Western Star de Jerry Fitzmorris. Le camionneur d’expérience en n’est pas à son premier rodéo et il avait prévu la manœuvre. « Il faut avoir des yeux tout le tour de la tête pour réussir à anticiper des scènes comme celles-là. »

Jerry Fitzmorris couvre l’ensemble du secteur de livraison du Saguenay (Photo: Yanick Boudreault)

En ce froid matin de novembre, Jerry Fitzmorris est prêt pour une autre journée comme livreur de colis pour la compagnie Transcol. Il débute avec l’inspection de son camion qui est la première étape importante pour s’assurer que le tracteur soit sécuritaire.

Après avoir planifié son plan de route, le conducteur de 22 ans d’expérience est prêt pour son trajet de livraison qui demande beaucoup de concentration afin de faire face à toute éventualité.

Avec l’arrivée précoce de l’hiver, les chauffeurs téméraires se font très nombreux sur les routes de la région. Lorsque l’on conduit un poids lourd comme celui de Jerry, il faut redoubler de prudence en conduisant.

« Quand tu prends le chemin avec un camion de cette grosseur-là, tu ne peux pas te permettre d’être négligeant au volant. Il faut toujours anticiper nos mouvements, mais aussi ceux des automobilistes qui nous entourent. Un camion comme ça, tu ne peux pas arrêter ça facilement », affirme le conducteur assis confortablement dans son camion.

En parcourant les rues étroites de Chicoutimi, le livreur d’expérience surveille attentivement le comportement des autres utilisateurs de la route, car souvent les automobilistes ne laissent pas le temps aux conducteurs de semi-remorque d’effectuer leurs manœuvres.

« Quand je dois couper une voie de circulation pour reculer dans des endroits restreints, plusieurs automobilistes accélèrent ce qui fait qu’on doit réussir nos parkings du premier coup au lieu de ralentir et de nous laisser une chance d’effectuer nos manœuvres sans se dépêcher », déclare Jerry.

Le camionneur travail pour Transcol depuis 22 ans (Photo: Yanick Boudreault)

Avec la neige déjà présente sur les routes, les utilisateurs se doivent de redoubler de prudence.

Pour faciliter le partage des routes et permettre de conserver un espace sécuritaire, le responsable des communications de Contrôle routier Québec, Jonathan Beauvais rappelle aux gens les astuces de base avant de prendre la route.

« L’une des premières choses à faire, et ça s’adresse à tous les usagers, c’est de bien déneiger son véhicule. Que ce soit une voiture ou un camion, si on obstrue sa vision par de la neige ou bien qu’on ne déneige pas complètement son véhicule, ça peut créer des situations qui sont particulièrement dangereuses. »

Jonathan Beauvais explique que l’anticipation est l’un des meilleurs conseils à appliquer à sa conduite. Prévoir pour mieux anticiper est un art pour les utilisateurs de la route.

« Un poids lourd ne s’arrête pas aussi rapidement qu’une voiture, donc les distances d’arrêt sont beaucoup supérieures. Il faut prévoir et anticiper tout mouvement, et ce à chaque moment de l’année. Il faut laisser l’espace au camion pour qu’il puisse freiner et réagir à temps. Ça vaut si on passe devant le camion, mais aussi lors du dépassement. Donc lorsque nous allons dépasser un camion, il faut prévoir de rentrer devant le véhicule en laissant plus d’espace qu’à l’habitude », explique Jonathan Beauvais.

Selon le site de la Société d’assurance automobile du Québec (SAAQ), les conducteurs de poids lourd qui sont impliqués dans un accident mortel sont responsables dans 38 % des cas. Lorsque le conducteur du camion est désigné responsable dans un accident mortel, les deux causes premières sont la vitesse excessive ou bien la méthode de travail.

Pour Jerry Fitzmorris, la prudence est de mise. Le camionneur assure qu’il est important de se connaître en tant que chauffeur.

« On est toujours dans le chemin. Il est important pour les gars de bien connaître ses capacités. À force de rouler, on connait ses points faibles et ses points forts. C’est comme ça qu’on devient un bon chauffeur », dit Jerry.

Une sécurité qui apporte le bonheur

Jerry est fier de travailler pour une compagnie comme Transcol. L’environnement sécuritaire dans lequel les employés travaillent est un des éléments qui donne le goût à Jerry de faire un bout de chemin comme camionneur.

« L’entraide et la sécurité sont les deux valeurs qu’on remarque chez Transcol. Avoir une aussi bonne équipe de travail, eh bien ça fait que j’adore ce que je fais. Quand je me lève pour travailler, je ne rentre jamais de reculons à la job », s’exclame le camionneur.

À propos de Yanick Boudreault

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Étudiant en journalisme à temps plein et cowboy dans ses temps libres, Yanick Boudreault est reconnaissable par ses bottes, mais aussi par son charisme. Originaire de la ville minière de la Côte-Nord, Fermont, Yanick a dû quitter le nid familial pour œuvrer dans un métier qui le passionne. Il a été employé l’été passé chez TVA CIMT-CHAU à Carleton-sur-Mer et il compte bien y retourner lors de son stage de fin d’études collégiales ainsi que lorsqu’il aura son diplôme en poche. Ses collègues de travail le définissent comme un journaliste polyvalent. Il sait s’adapter à plusieurs situations et il peut exceller dans toutes sortes de tâches différentes. De plus, sa rapidité et son efficacité l’aident à dénicher les potins les plus croustillants puisqu’il en raffole tant.

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