Des sportifs de haut niveau orphelins de fédération

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Ce sont 10 équipes de partout dans le monde qui se sont réunies en Suisse en décembre dernier pour déterminer qui était la première puissance au tchoukball. (Photo : courtoisie)

En plus d’être composée presque entièrement de joueurs du Saguenay-Lac-Saint-Jean, l’équipe canadienne de tchoukball a une autre particularité : elle n’est représentée par aucune fédération officielle. Malgré tout, la formation s’est classée sixième lors des Mondiaux à Genève en décembre dernier. Un très bon résultat face aux forces internationales.

Le tchoukball, c’est ce sport souvent découvert au secondaire qui se joue à sept par équipe. Certains se souviendront des deux trampolines inclinées, appelés «cadres» dans le jargon, sur lesquels les jeunes sont invités à lancer le ballon de toute leurs forces. Si le ballon touche le sol sans que l’équipe adverse l’ait attrapée, le point est fait.

Athlètes de l’ombre

« C’est un sport qui est quand même jeune, mais qui est vraiment méconnu ici », souligne le président de la Fédération québécoise de tchoukball, Sébastien Fafard, qui est aussi professeur dans une école secondaire.

Le sport, créé dans les années 1960, est souvent défini comme un mélange de handball et de volleyball. (Photo : courtoisie)

Au Canada, la discipline est presque complètement ignorée. C’est au Québec, plus précisément à Saguenay et sur la Rive-Sud de Montréal, que des noyaux de joueurs se forment. C’est avant tout la création de ligues de garage qui explique ces développements locaux, explique Michaël Larouche, un initié de la ligue de Saguenay qui a fait le voyage jusqu’à Genève pour les Mondiaux.

À Saguenay, quatre équipes s’affrontent chaque semaine et c’est en sélectionnant les meilleurs joueurs que cette fameuse équipe canadienne est née. Cette ligue regroupe des hommes et des femmes de tout âge.

« Dans une région, si quelqu’un va aux Olympiques et gagne une médaille d’or en patinage artistique, tout le monde de cette place-là va vouloir faire du patinage artistique », illustre M. Larouche.

Sans fédération, tout est payé par les joueurs

La Fédération québécoise de tchoukball existe depuis 2005, mais elle n’est pas reconnue par le gouvernement provincial ni par Sports Québec. L’organisation est techniquement un OBNL comme un autre.

« C’est un gros problème, parce que côté assurances, c’est difficile de s’assurer étant donné qu’on n’est pas reconnu. Difficile aussi de rentrer au Réseau du sport étudiant du Québec », insiste M. Fafard.

En plus des déplacements pour les compétitions internationales, les athlètes doivent aussi payer de leurs poches la location des gymnases pour les entraînements.

Pour qu’un sport soit fédéré, il doit être pratiqué pas « juste au Saguenay, ou juste à Gatineau, ou juste à Trois-Rivières. Il faut que ce soit vraiment panquébécois », souligne la directrice générale de Sports Québec, Isabelle Ducharme.

La stabilité de la structure de l’organisation est un autre critère important, ajoute-t-elle.

M. Fafard a dû délaisser ses responsabilités de président lorsqu’il a été promu directeur d’école durant la pandémie. « La personne qui a pris ma position n’a rien fait. Tout ce qu’on avait bâti, c’est tout tombé à l’eau. »

La Fédération a même été radiée du registre des entreprises, une situation à laquelle a dû remédier M. Fafard en revenant à la barre de l’organisation il y a trois ans. Il indique être activement en discussion avec Sports Québec pour comprendre la prochaine étape dans cette quête d’une fédération.

Michaël Larouche a 13 ans d’expérience au tchoukball et a à cœur la transmission de ce sport. (Photo : Zachary Sanche)

« On travaille à créer une ligue à Québec aussi. […] Donc, ça serait beaucoup plus crédible pour établir une fédération », soumet Michaël Larouche.

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