Redonner vie aux objets brisés 

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Les participants doivent parfois acheter des pièces et revenir au prochain atelier. (Photo : Nayeli Chavez) 

Réparer ses objets brisés par soi-même grâce au savoir-faire manuel et la débrouillardise sont des habitudes qui ne sont plus autant répandues qu’avant. Ces biens passent donc des mois, voire des années au fond des tiroirs, alors qu’ils pourraient avoir une deuxième vie.  

Guylaine Gagnon est la fondatrice de Répar’action, un organisme qui se promène depuis quatre ans entre Jonquière et Chicoutimi. Deux fois par mois, elle organise des ateliers où des bénévoles redonnent vie aux objets électroniques des « participants ». En ce lundi froid de février, une dizaine de participants se rejoignent au sous-sol du Cégep de Jonquière. Ils ont avec eux un objet à réparer. « J’ai ce système de son depuis 30 ans et ça fait deux ans qu’il est cassé. Je ne jette rien ! », a exprimé Francine Boily, une habituée du service de réparation. 

Olivier Berthé, un autre participant, partage la même devise. Il soulève cependant une remarque : il y a beaucoup moins de commerces de réparation qu’avant. « Ça m’écœure. En voyant les bénévoles, je suis content de voir qu’il y a de la relève. » D’ailleurs, les enfants de M. Berthé ont déjà assisté à un atelier et étaient intéressés par ce qui se passait, selon lui.  

Sylvain, ancien technologue à l’électrotechnique et aujourd’hui bénévole de Répar’action, raconte que l’obsolescence programmée et le prix des pièces encouragent les gens à se tourner vers leur organisme.  

Selon Mme Gagnon, les gens devraient développer plus d’intérêt envers le savoir-faire manuel. « C’est une priorité, partage-t-elle. À mon époque, on réparait nos objets, on ne les jetait pas ! J’ai appris grâce à mon père. » 

Certains, comme Gaétan Saint-Pierre, ont essayé de réparer leurs objets par eux-mêmes, grâce à Internet. Échec. La présence rare de l’organisme est restée son dernier espoir. Il est reparti avec un masseur pour pieds fonctionnel ! 

Le prochain atelier aura lieu à Chicoutimi. (Photo : Nayeli Chavez)

Manque d’intérêt 

Sur la rue Racine, le magasin Les Couseuses fait partie des rares services de couture encore présents à Chicoutimi. Marie-Claude Gagné en est la propriétaire. Elle aimerait avoir de la relève pour son magasin. « Avant, je formais des gens dans mon magasin, mais personne n’est resté assez longtemps. » Celle qui est toujours à la recherche d’employés a raconté que tout doit partir de l’intérêt des jeunes envers le savoir-faire manuel. « Les écoles ne donnent pas de formation », a-t-elle souligné. 

Comme la fondatrice de Répar’action, Mme Gagné a développé ses compétences depuis un très jeune âge.  

Son savoir et sa dextérité en ont aidé plus d’un. « Un homme est venu avec son manteau, la manche était brulée ! D’autres commerçants lui ont dit que c’était irréparable, a-t-elle partagé. Là, je vais recoudre une chemise qui a appartenu au grand-père d’un client. Elle a beaucoup de vécu. » Sa seule collègue et elle ne craignent pas pour l’achalandage de leur commerce, malgré un centre commercial vide.  

La dernière personne formée par Marie-Claude Gagné remonte à 2020. (Photo : Nayeli Chavez)

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