Plusieurs immigrants ignorent l’existence des organismes de la région

Groupe Inclusia a été créé en 2018 à la suite du regroupement du Cible-Action et de SEMO-Saguenay.
(Photo : Lyra Larouche)
Plusieurs nouveaux arrivants dans la région ne connaissent pas les services qui peuvent leur venir en aide. Ils sont donc privés de ressources précieuses.
Environ 1 400 personnes issues des migrations internationales et interprovinciales se seraient installées au Saguenay-Lac-Saint-Jean en 2024-2025 selon l’Institut de la statistique du Québec.
Marie-Jeanne Landry est mariée avec un Sénégalais et côtoie plusieurs personnes issues de l’immigration, ce qui lui a permis d’être témoin de plusieurs réalités et d’enjeux. Elle a donc décidé d’utiliser les réseaux sociaux pour répondre à des questions, discuter d’enjeux ainsi qu’enseigner différentes lois et normes québécoises aux nouveaux arrivants.
Elle observe que plusieurs ne sont pas au courant de l’existence des organismes et croit aussi qu’ils manquent de visibilité, surtout pour ceux qui ne sont pas étudiants. « Les gens qui sont à l’UQAC, c’est peut-être plus facile pour eux, mais ceux qui viennent travailler ou qui ne sont plus à l’école, ils n’ont plus accès à plusieurs ressources qui les aident à être ici. »
Elle remarque qu’au Saguenay, « il y beaucoup plus de racisme et de jugement » que dans les grandes villes. « Ça fait en sorte que les immigrants, ils restent dans leur communauté. Par exemple, les Sénégalais vont rester avec les Sénégalais. Ça ne va pas leur permettre de connaître les organismes », explique-t-elle.
Lisa Banyols, qui a quitté la France pour s’installer au Saguenay-Lac-Saint-Jean il y a 13 ans, a eu de la difficulté à s’intégrer lors de son arrivée. « Ça a été complexe de me faire des vrais amis. Ce que j’ai beaucoup ressenti, c’est que les gens sont très familles ici, ils privilégient les activités familiales et moins les activités entre copines. »
Selon elle, « ce ne sont que les nouveaux arrivants » qui vont aux activités d’intégration offertes par les organismes. « Sur le coup, tu te fais des amis rapidement, mais immigrants. Moi, ce que je cherchais, c’était d’avoir un cercle d’amis québécois. »
Ibrahima Kane est un étudiant sénégalais à l’UQAC. Il est du même avis : les organismes n’ont pas assez de visibilité. Il conseille aux nouveaux arrivants de se renseigner parce qu’il y a « beaucoup d’organismes qu’on ne connaît pas ».
De l’autre côté de la médaille
Groupe Inclusia est un des organismes qui offrent de l’aide pour les personnes immigrantes résidant au Saguenay.
Sa mission est « d’offrir des services spécialisés dans les domaines de l’emploi, de l’immigration et des ressources humaines se traduisant par un accompagnement personnalisé pour les personnes aspirant à leur amélioration continue ».

Sara-Maude Blackburn-Belley travaille chez Groupe Inclusia depuis 5 ans.
(Photo : Groupe Inclusia)
Selon la coordonnatrice Sara-Maude Blackburn-Belley, l’organisme accompagne majoritairement les travailleurs étrangers temporaires et les personnes avec une résidence permanente. « On travaille un petit peu moins avec les étudiants parce que les établissements d’enseignement ont quand même des responsabilités envers leurs étudiants et ce ne sont pas les mêmes réalités. »
Elle explique que, parfois, une entreprise qui recrute à l’international réfère ses employés à Groupe Inclusia. Également, l’organisme mise beaucoup sur le bouche-à-oreille. « Beaucoup des communautés se parlent entre elles. Quand un ami d’un ami est passé par nous et qu’il a eu un bon accompagnement, il va référer l’ami. Actuellement, nos services, nos cibles, ça va bien. »






