La musique classique sort des sentiers battus à Saguenay

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La représentation Éclats et fantaisie avait comme objectif d’être chaleureuse et décontractée, affirme Stéphanie Girard. (Photo : Émile Leboeuf)

L’Orchestre symphonique du Saguenay-Lac-Saint-Jean a proposé un 5 à 7 musical jeudi soir au Théâtre C de Chicoutimi. Le spectacle intitulé Éclats et fantaisie, dirigé par Johann Stuckenbruck accompagné d’une quarantaine de musiciens, propose de la musique classique accessible à tous.

« Le parterre était pas mal plein. C’était une belle atmosphère, ça écoutait bien malgré le programme exigeant. C’était vraiment amusant.  J’adore venir en région », confie le pianiste Charles Richard-Hamelin, qui est toujours ravi de passer à Saguenay, puisque sa belle-famille est originaire de La Baie.

Le Lanaudois s’allie sur l’idée d’un spectacle plus moderne, mais qui garde ses classiques. « C’est important de proposer du nouveau, mais en même temps, de ne pas diluer l’offre musicale pour les habitués. On n’a pas joué juste les gros hits de la musique classique. On a fait des pièces vraiment un peu champ-gauche, un peu dissonantes et très modernes. »

Le Théâtre C de Chicoutimi était pratiquement rempli pour ce spectacle 5 à 7. (Photo : Émile Leboeuf)

Bien que la musique classique ait connu une baisse en popularité chez les jeunes lors des dernières années, Culture Saguenay-Lac-Saint-Jean a pu donner un accès gratuit à quelques dizaines d’étudiants. « C’est bien que des étudiants aient pu accéder à un spectacle qui veut viser un public plus jeune », affirme la directrice générale de l’Orchestre symphonique du Saguenay-Lac-Saint-Jean (OSSLSJ), Stéphanie Girard.

« Une nette fracture » entre le culturel et l’éducation

Un enjeu qui ressort dans le monde de la musique classique québécoise, c’est l’accessibilité à la musique classique chez les jeunes. « Aujourd’hui, l’école ne permet plus de connaître autant la musique classique », affirme Mme Girard. Elle est alarmée qu’il y ait, selon elle, « une nette fracture entre l’offre scolaire culturelle au primaire et au secondaire, comparativement aux établissements d’études supérieures. Le gouvernement du Québec prévoit d’ailleurs une autre réduction de 13 millions de dollars sur le financement des sorties culturelles scolaires pour 2026-2027. La DG de l’OSSLSJ estime qu’au moment où « le développement culturel individuel est à son plus haut point, soit vers la vingtaine, peu de possibilités s’offrent aux étudiants de consommer de la musique classique dans le cadre d’une activité scolaire. »

Des outils pour attirer un nouveau public

L’idée d’un spectacle 5 à 7 semble fonctionner à merveille selon Stéphanie Girard et Charles Richard-Hamelin, qui a été le deuxième lauréat du prestigieux concours Chopin en 2015. « Le fait de promouvoir un spectacle en début de soirée et en semaine nous permet d’attirer les gens en affaires, les travailleurs et les familles, car elles peuvent tous ensuite manger à une heure raisonnable, ont-ils confié. »

 

 

 

 

 

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