Une belle et longue saison de pêche blanche se clôture à La Baie

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Port-Alfred à La Baie

Les pêcheurs doivent rester à une distance sécuritaire du chenal de navigation. (Photo : Raphaëlle Charbonneau)

La formation hâtive des glaces en décembre a permis une saison de pêche blanche plus longue cette année pour les pêcheurs de La Baie. La saison s’est clôturée le 8 mars dernier à minuit. L’opération de déglaçage du fjord du Saguenay est en cours pour permettre aux navires commerciaux de ne plus se faire escorter par la Garde côtière canadienne.

Les années précédentes, il fallait généralement attendre février avant d’embarquer sur les glaces.  « C’était vraiment une chance d’avoir ces beaux froids-là en décembre. On est content d’avoir pu embarquer les villages assez tôt, ça fait une saison plus longue. Tout le monde est super content d’en profiter! », lance joyeusement la directrice des communications et du marketing chez Contact Nature, Marilou Tremblay.

Avec la pluie et les redoux annoncés au début mars, les pêcheurs ont eu l’obligation de retirer leurs cabanes et leurs installations avant le 7 mars à 13h. « Il n’y avait pas de danger au niveau du couvert de glace, c’est au niveau de la qualité des ponts de glace que là on devait faire des efforts pour les préserver le plus possible », rassure Mme Tremblay.

Les gens fourmillaient la semaine passée sur la banquise de La Baie pour déchausser leurs cabanes prises dans la glace. Plusieurs sont autonomes et s’organisent avec leurs propres moyens pour sortir leurs cabanes, mais d’autres font appel à des compagnies qui remorquent les cabanes. Il y a un service d’entreposage avec transport qui est disponible juste à côté de la marina à l’Anse-à-Benjamin.

tracteur qui tire une cabane

Des tracteurs sont utilisés pour sortir les cabanes de la glace. (Photo : Raphaëlle Charbonneau)

C’est un peu plus de 1100 emplacements cette année qui ont été utilisés par les pêcheurs à l’Anse-à- Benjamin et à Grande-Baie. Les lots plus près du bord pour pêcher l’éperlan ont été moins populaires. Il en restait une centaine encore disponible en fin de saison.

La pêche a tout de même été bonne cette année. « Généralement, de ce que j’ai entendu, les pêcheurs ont fait d’assez bonnes pêches pour le poisson de fond en tout cas », partage la directrice des communications et du marketing chez contact Nature, Marilou Tremblay.

Le permis de pêche scientifique aux flétans Atlantique tire à sa fin et le Comité de bassin de La Baie des Ha! Ha!, en collaboration avec le Musée du Fjord, Contact Nature et Promotion Pêche poursuivent les démarches pour une réouverture de la pêche récréative de ce gros poisson. « Les études nous démontrent que c’est une population en santé et majoritairement les flétans qui entrent dans le fjord du Saguenay ne vont pas en ressortir. Toutes les conditions sont là pour qu’on puisse demander sans problème la réouverture de cette pêche récréative là », s’enchante Mme Tremblay.

Opération déglaçage

L’opération de déglaçage du fjord commence toujours le lendemain de la fermeture de la pêche, soit le deuxième lundi du mois de mars. Le trafic maritime n’est pas arrêté pendant la saison de pêche blanche. Un chenal de navigation maritime est déglacé entre les deux villages de pêche à La Baie, soit l’Ance-à-Benjamin et Grande-Baie.

Pendant la saison de pêche blanche, il y a toujours un brise-glace de la Garde côtière canadienne qui escorte les navires en montant et en descendant le fjord. « Les navires commerciaux ne se rendraient pas aux installations de Port-Alfred sans le brise-glace. La plupart des navires qui remontent le fjord du Saguenay n’ont pas de coque de glace, ils ne sont pas construits pour naviguer dans la glace », explique le surintendant au Programme de déglaçage, d’escorte et de contrôle des inondations de la Garde côtière canadienne, Guillaume Paradis.

La vitesse des bateaux s’adapte selon les températures, l’avancement de l’établissement de la banquise côtière et l’épaisseur des glaces. « Si la glace est bien plus épaisse et bien prise comme cet hiver, on peut se permettre d’accélérer encore plus parce qu’on sait qu’on ne brisera pas la glace qui est autour de nous. Parfois les navires à escorter sont trois fois plus larges que le brise-glace. Il va falloir que le navire aille plus vite pour créer plus de largeurs », éclaircit M. Paradis.

L’opération de déglaçage du fjord permet aussi de réduire les risques d’inondation en libérant les embouchures des rivières comme à L’Anse-Saint-Jean et elle permet aux navires commerciaux de naviguer dans le fjord sans être escorté.

Cette année c’est le brise-glace Pierre Radisson qui s’occupe de l’opération dans le fjord du Saguenay. « Il se sert surtout de sa vague [pour briser la glace] parce que ces navires-là génèrent une vague qui est énorme, ils vont quand même assez vite. Ils vont rentrer dans la glace le long de la côte jusqu’à tant qu’il voit que ça ne casse plus et là ils vont virer de bord et recommencer plus loin en faisant des cercles », illustre Guillaume Paradis.

« C’est temps-ci gens de Saguenay, si vous vous promenez sur la glace vous n’êtes pas supposés être là, premièrement et deuxièmement, si vous voyez un bateau rouge et blanc se promener c’est parce qu’il casse de la glace, alors, évacuez la glace au plus vite », met en garde le surintendant de la Garde côtière canadienne, M. Paradis.

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