« Tout le monde marche dans le même sens » : Une nouvelle étiquette pour le bœuf québécois

Julie Larouche est co-propriétaire avec son mari de la ferme JC Cyr à Alma. Une quarantaine de bovins font partie de l’élevage et de la production de bouvillon. /photo : Courtoisie.
Un nouvel étiquetage fera progressivement son arrivée sur les tablettes d’épiceries au Québec pour le bœuf québécois. « Bœuf : Origine Québec » est la nouvelle image de certification pour le bœuf né, élevé, abattu et transformé à 100 % dans la province. C’est le résultat d’un travail effectué sur plusieurs années, explique Julie Larouche, administratrice aux syndicats des producteurs de bœuf du Québec.
« C’est une première pour tout le monde. Les discussions sont dynamiques et respectueuses » a partagé Mme Larouche en mentionnant que les producteurs, les finisseurs*, les bouchers, les distributeurs et les chaines alimentaires sont tous à la même table.
La productrice de bovins de boucherie assure que la priorité avec cet étiquetage est de rentabiliser les abattoirs d’ici et de donner aux Québécois du vrai bœuf d’ici.
« Le bœuf n’est pas un marché évident non plus. Nos dirigeants sont au front et ils travaillent fort. Parfois, on a l’impression que ça n’avance pas, mais c’est long, il y a beaucoup de gens avec qui il faut jaser. Beaucoup de facteurs sont hors de notre contrôle même si on se dit, demain matin on veut ça, on ne peut pas l’appliquer. »
Un étiquetage visible dès maintenant
Plusieurs partenariats sont déjà en place dans quelques épiceries et boucheries du Québec, allant de Montréal à Trois-Pistoles. Des restaurants, comme Ashton, commencent à utiliser uniquement du bœuf certifié 100 % québécois.
Des essais avaient déjà été fait dans le passé avec l’étiquette Bœuf Québec, mais le projet n’a pas eu l’effet escompté et Mme Larouche a sa théorie sur le sujet. « Je pense que c’est une question de timing aussi. Les gens n’étaient pas prêts à avancer tous ensemble. »
Des défis de tailles pour les producteurs de bœufs québécois
L’assemblée annuelle générale se termine aujourd’hui à Québec et rassemble les gros noms du marché bovin au Québec.
Des défis comme la production de bœuf, la relève et l’inflation sont discutés, explique Julie Larouche.
« On ne produit pas assez de bœuf pour être 100 % indépendant en ce moment. […] Pour acheter une vache ou une taure*, je n’ai rien en bas de 5000 $, c’est un pensez-y-bien. »
Malgré toutes ces problématiques, l’annonce de l’étiquetage est l’une des rares nouvelles positives dans ces temps difficiles, selon Mme Larouche.
« Ça va prendre encore quelques années avant d’être optimal, mais c’est un bon début. Les producteurs sont vraiment contents. On est fier de nos dirigeants, hier on s’est tous levé pour les applaudir. »
*Finisseur : Lorsqu’il atteint un certain poids, l’animal est envoyé chez un autre éleveur, appelé finisseur, pour terminer son engraissement avant de l’envoyer à l’abattoir. (Source : Julie Larouche)
*Taure : Jeune vache






