Pilule contraceptive : prévenir la grossesse mais pas seulement

Selon l’OMS, les femmes atteintes de SOPK risquent davantage que les autres de connaître des problèmes de santé à long terme, qui auront une incidence sur leur bien-être physique et affectif, notamment la résistance à l’insuline, le diabète de type 2 et l’obésité. (Photo : Unplash)
Qu’est ce qui justifie de prendre la pilule à 13 ou 14 ans ? La principale raison reste la prévention d’une grossesse non désirée. Mais la pilule contraceptive est maintenant aussi utilisée pour traiter le syndrome des ovaires polykystiques puisqu’aucun traitement n’a encore vu le jour.
« Le syndrome des ovaires polykystiques, c’est un déséquilibre entre les hormones féminines et masculines où les hormones masculines prennent le dessus », explique la médecin spécialiste en gynécologie à la maison de santé en France, Estelle Babin. Le corps sécrète alors davantage de testostérone, une hormone androgène. « Le seul moyen de contrebalancer ce déséquilibre c’est de donner de l’œstrogène en plus grande quantité. Il n’y a que la pilule oestroprogestative, une sorte de pilule contraceptive, qui garantit ça », explique-t-elle.
En France, il n’est pas nécessaire de demander une autorisation parentale pour délivrer un moyen de contraception. Il arrive alors à la médecin de prescrire la pilule contraceptive à des jeunes filles afin de soulager leurs douleurs et limiter les symptômes. « Quand y’a un syndrome des ovaires polykystiques ou même d’endométriose même très jeune, on est obligé de leur donner la pilule pour résoudre le problème de douleur », raconte la médecin.
Un syndrome de plus en plus répandu
Que ce soit sur les réseaux sociaux ou sur internet, le SOPK est de plus en plus connu. On l’observe également dans les salles d’attente des cabinets médicaux : « On en voit énormément et de plus en plus, mais personne ne sait, il n’y a pas d’études qui explique cette recrudescence de cas », explique Mme Babin.
« Peut-être qu’avant on ne le diagnostiquait pas parce qu’on prenait moins soin de la femme et on ne se posait même pas la question », soulève-t-elle. Toujours est-il qu’aucune étude n’est capable d’expliquer la cause du syndrome. « Moi j’ai l’impression de voir toutes les semaines des jeunes filles pour ça », déplore la médecin.
Des risques toujours présents
Est-ce que prendre la pilule plus tôt engendre plus d’effets secondaires ? « On pense tous que c’est le cas mais y’a rien de concret en statistiques », explique la médecin. En revanche sa distribution reste contrôlée : « Je leur dis toujours que la pilule a plein d’effets indésirables et que les seules vraies indications pour la prendre aussi jeune c’est si elles ont un petit copain et qu’il y a un vrai risque d’avoir une grossesse. »
Il existe quand même certains risques à court terme mais qui ne dépendent pas de l’âge : elles peuvent prendre du poids et prendre la pilule. Il y a aussi un peu plus de risque de développer des cancers hormonodépendants.
Refuser la prescription
Estelle Babin a refusé à de nombreuses reprises de prescrire la pilule contraceptive à des jeunes filles : « elles nous disent “oh j’ai mes règles mais elles sont pas régulières et c’est bizarre, c’est pas normal” ». La pilule est utilisée pour régler un problème de contraception ou pathologique, « pas pour réguler les règles à 12/13 ans, à cet âge-là c’est normal de pas encore avoir des règles régulières. »
« Selon moi on ne devrait pas prendre des hormones pour prendre des hormones, […] y’a un peu un effet de mode », met en garde la médecin. Selon elle, ces jeunes filles ne sont peut-être pas assez informées sur les moyens de contraception. « Soit elles n’ont pas des mamans qui sont très communicantes là-dessus soit elles vivent dans des milieux moins instruits sur le sujet donc elles ont plein de fausses croyances », s’inquiète-t-elle.






