Une exposition s’inspire d’une mystérieuse légende du Lac-Saint-Jean

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Dans son travail, le duo Gabriel Fortin – Mariane Tremblay  « s’intéresse beaucoup à ce qui se passe en région et en périphérie ». (Crédit photo : Améline Boyer) 

L’exposition État Plasma, signée Mariane Tremblay et Gabriel Fortin, trouve une nouvelle vie à la bibliothèque Hélène-Pedneault de Jonquière depuis mardi. Le corpus d’œuvres s’intéresse à une prétendue expérience américaine ayant entraîné plusieurs théories du complot dans la région, questionnant ainsi notre rapport à la vérité. 

C’est une « légende urbaine » – comme la qualifie Mariane Tremblay – qui a inspiré État Plasma. Il y a une cinquantaine d’années, le Pentagone se serait rendu à Sainte-Hedwige au Lac-Saint-Jean afin d’améliorer les transmissions radio et les très basses fréquences. Pour leur tout premier projet commun, Mariane Tremblay et son binôme, Gabriel Fortin, se sont « inspirés de ces spéculations », le tout dans une approche de questionnement.

« Est-ce que ça a vraiment eu lieu ? Est-ce resté dans le domaine de l’imaginaire ? », se sont notamment demandé les artistes.

Les théories du complot qui ont découlé de cette présumée expérience suggèrent qu’un énorme trou aurait été créé dans l’atmosphère dans le but d’améliorer la transmission des radiofréquences. Le cocréateur de l’exposition, Gabriel Fortin, déplore les « vagues conspirationnistes » auxquelles la société moderne fait face. « Aujourd’hui, il y en a beaucoup qui pensent que l’Homme n’est jamais allé sur la lune », illustre-t-il.

C’est donc également à un enjeu de recherche de vérité qu’État Plasma contribue. Le duo d’artistes se demande « comment la vérité peut se déformer à travers le temps, et entre les différentes perceptions », en plus de poser le doigt sur la vulnérabilité des communautés rurales éloignées. 

« L’exposition s’inscrit dans le mystérieux et l’invisible, dans le monde des ondes et de la communication qui nous traversent mais qu’on ne voit pas », dépeint Gabriel Fortin. État Plasma s’articule autour d’œuvres sonores sur oscilloscope, de photographies ou encore de documentation à saveur rétrofuturiste. Aussi, les Jeannois travaillent avec des « vieux appareils analogiques », espérant ainsi intéresser les visiteurs à découvrir ces objets révolus, « en cette ère numérique omniprésente ».

État Plasma est le fruit d’un long travail de recherche et de récolte d’informations, ayant mené à une « trouvaille dans les bas-fonds d’internet », confie, sourire aux lèvres, Mariane Tremblay.  

L’exposition, qui a été présentée pour la première fois en 2023 au centre d’artistes Le Lobe, sera présentée à la bibliothèque de Jonquière jusqu’en septembre 2026. Elle est « la base d’un futur projet » pour Gabriel Fortin et son acolyte, Mariane Tremblay. 

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